Version imprimable

S'appuyant sur le rapport 2011 Discrimination/Diversité du "Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme", paru en mai 2012, le "Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale" dénonce le fait que de plus en plus de refus de location sont basés sur la faiblesse des revenus des candidats locataires. Pour le service, cela confirme que la pauvreté est une source de discrimination.

Que dit le rapport du "Centre pour l'égalité des chances": "Ceci vise principalement les personnes qui émargent au CPAS ou qui vivent d'allocations de chômage et, plus largement, les personnes ne possédant pas de contrat de travail à durée indéterminée."

Mais le rapport du Centre va plus loin dans son analyse et montre que les femmes sont les premières victimes de la discrimination au logement: "En outre, les femmes se révèlent être un groupe particulièrement vulnérable en cette matière. Elles représentent la moitié des personnes signalant ce type de discrimination au Centre, ce qui n'est pas le cas pour d'autres secteurs".

En conclusion, le Centre appelle les propriétaires et les agences immobilières à faire preuve de discernement et de modération : "Le Centre rappelle à ce sujet que s'il est légitime pour un propriétaire de s'assurer de la solvabilité d'un candidat locataire, cette appréciation doit se faire in concreto et ne doit pas être disproportionnée".

Cette information confirme que la précarité engendrée par la situation de crise actuelle touche particulièrement les femmes isolées ou chefs de familles monoparentales. On se rappellera que le récent dossier du journal Le Soir sur le moral des Belges (fondé sur un sondage) mettait clairement en évidence que les femmes étaient, plus que les hommes, insécurisées par la crise: 9% d'entre elles souffrent de dépression sévère (contre 1% des hommes interrogés), 11% ont déjà tenté de se suicider (contre 4% des hommes interrogés) et 51% d'entre elles ont peur de se retrouver au chômage (contre 32% des hommes interrogés) (Le Soir, du 12 juin 2012, page 2).

Rien n'a changé: quand les hommes toussent, les femmes s'alitent. Et elles seront probablement encore aux premières loges des exclues que ne vont pas manquer d'engendrer les importantes réductions des allocations de chômage que la ministre SP-A de notre gouvernement dirigé par un Premier ministre socialiste a programmées pour cet automne. Rappelons quand même que, selon Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, 22.000 chômeuses et chômeurs risquent d'être exclus du bénéfice des allocations dès l'entrée en vigueur des mesures programmées par la ministre - socialiste - flamande (Le Soir, du 7 juin 2012, page 4). Et nous savons que les femmes sont "la moitié du monde". Au moins.

Il n'est jamais inutile de rappeler un des slogans féministes des années '7O: "Il y a plus inconnu que le soldat; sa femme".

Sur le lien entre pauvreté et discrimination établi par le Service de lutte contre la pauvreté, plus d'info.

Pour consulter le rapport Discrimination/Diversité 2011 du "Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme" (pages 107-112).

Logo du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme                                                                                                                             Logo du Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale