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Selon le Dictionnaire de la langue française, le sexisme est « une discrimination envers une personne en raison de son sexe ».

Les femmes sont les principales victimes du sexisme : quand les hommes les sifflent ou leur font des propositions dans la rue, quand les publicités montrent une poitrine de femme pour vanter les mérites d’un soutien-gorge, quand les patrons considèrent qu’elles ne sont pas assez costaudes pour faire un métier manuel, quand elles gagnent moins qu’un homme pour un même travail, quand on veut les renvoyer à leurs casseroles, quand on considère comme normal qu’elles fassent une deuxième journée de travail à la maison après leur journée professionnelle, etc.

Mais le sexisme, ce n’est pas toujours ailleurs et de la faute aux autres. Par exemple, le 19 octobre dernierLes Ginger devant la boulangerie, le groupe citoyen féministe Ginger est allé manifester sa désapprobation devant une boulangerie de Waremme qui refuse de prendre des apprenties féminines par peur d’exciter sexuellement les ouvriers boulangers.

Cependant, les hommes ne seraient pas non plus à l’abri du sexisme. Tout en réaffirmant que les femmes en sont beaucoup plus souvent victimes, l'Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) l'a souligné dans un communiqué par la voix de son directeur, à l’ occasion de la Journée internationale des hommes, qui a eu lieu le 18 novembre : « Même si les femmes sont plus fréquemment victimes de discriminations – généralement plus graves - fondées sur le sexe et subissent quotidiennement le sexisme qui les considère comme étant inférieures à un autre sexe, les hommes en sont également victimes», a expliqué Michel Pasteel, directeur de l’Institut.

Ainsi, des hommes subiraient des discriminations s’ils désirent accéder à des métiers dits « féminins » : « En 2012, l’Institut a reçu 32 plaintes d’hommes dans le domaine du travail, poursuit le communiqué de l’IEFH. Les exemples sont variés : un homme s’est vu refuser un poste de gérant dans une succursale de lingerie, un professeur s’est vu refuser de donner des cours particuliers à une fillette, une société de nettoyage ne souhaitait pas engager des hommes comme hommes de ménages, une boulangerie souhaiter uniquement recruter des vendeuses, un garçon n’a pu s’inscrire dans une école technique en section ‘esthétique’, etc. »

Il semblerait également que des hommes, désireux de s’impliquer davantage dans la vie de famille, qui demandent à « prendre leur congé de paternité ou parental sont confrontés à des discriminations allant des brimades des collègues, à la menace de licenciement, en passant par le refus de promotion ou l’accumulation du travail ».

Enfin Michel Pasteel souligne que les hommes sont également victime de violence conjugale : « La Journée internationale des hommes est aussi l’occasion de sensibiliser au fait que, même si les victimes masculines de violence sont moins nombreuses, seules 9,8% (contre 13,9% pour les femmes) osent déposer plainte , en raison du poids des stéréotypes dans notre société qui condamnent les hommes à être forts, dominants, et à souffrir en silence. »

Précisons néanmoins que 98% des victimes de violence conjugale sont des femmes.

Une questions que ne soulève pas l'Institut, mais qui a son intérêt, serait: qui sont les auteur-e-s des discriminations sexistes? Si, dans le cas des femmes, il paraît clair que ce sont presque toujours hommes, il n'est pas évident que l'inverse soit vrai, à savoir que ce serait les femmes qui auraient des comportements sexistes envers les hommes. Notamment dans les cas de refus de congé de paternité évoqués par l'Institut.

Légende: Le groupe Ginger manifestant devant la pharmacie