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Pour l'Agence européenne des Droits fondamentaux (FRA), basée à Vienne (Autriche), les violences envers les femmes constituent un fléau qui n’est que marginalement dénoncé par les victimes. Dès lors, les statistiques émanant de la police et de la justice ne donnent pas aux autorités politiques une image suffisamment fiable pour déterminer des politiques préventives et répressives.

C’est pourquoi l’Agence estime nécessaire de réaliser des enquêtes auprès des femmes pour décrire de manière objective l’impact des violences sur leur existence. La FRA vient donc de publier les résultats de la plus grande enquête conduite à ce jour sur le plan mondial en matière de violences envers les femmes. Cette enquête a été menée auprès de 42.000 femmes, âgées de 18 à 74 ans et résidant dans les 28 pays de l'Union européenne.

Sa particularité est de prendre en considération une grande variété de situations de violence, ainsi qu’une évocation des expériences traumatisantes vécues à différentes périodes de la vie. De cette manière, l’enquête renseigne non seulement sur les violences physiques et sexuelles, mais aussi sur le viol, le harcèlement en milieu professionnel, la traque furtive (stalking), les formes de cyber-harcèlement (par courriel ou les réseaux sociaux), ainsi que les expériences vécues dans l’enfance.

Les résultats de cette grande enquête sont particulièrement consternants :

  • Une femme sur trois (33 %) a subi une forme de violence physique et/ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans.
  • Environ 8 % des femmes ont subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours des 12 mois précédant l’enquête.
  • Parmi les femmes qui ont (ou ont eu) un(e) partenaire, 22 % ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de celui/celle-ci depuis l’âge de 15 ans.
  • Depuis l’âge de 15 ans, 31% des femmes ont subi un ou plusieurs fais de violence physique et 11% une forme de violence sexuelle.
  • Une femme sur 20 (5%) déclare avoir été violée depuis l’âge de 15 ans.

En matière de violence conjugale, un tiers des victimes (34 %) de violences physiques perpétrées par un(e) ancien(ne) partenaire ont connu au moins quatre formes de violence physique et 16% indique avoir été agressées après la fin de la relation. Il apparaît également que la période de grossesse est particulièrement dangereuse pour les femmes en matière de violence entre partenaires.

En matière de violence physique, une femme sur cinq (22 %) a été victime depuis l’âge de 15 ans de violences physiques perpétrées par une personne qui n’est (était) pas leur partenaire.

Parmi les femmes qui ont subi les violences physiques d’une personne autre que le (la) partenaire, 67 % déclarent que l’auteur était un homme et 7 % déclarent avoir été violentées tant par des femmes que par des hommes. Dans les cas de violences sexuelles, 97 % des femmes déclarent que l’auteur était un homme.

En conclusion :

  • « La publication des données de l’enquête de la FRA permet de démontrer que la violence à l’égard des femmes est une violation des droits fondamentaux répandue, qui affecte la vie de nombreuses femmes dans l’UE. »
  • « Il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des femmes en matière de dignité, d’égalité et d’accès à la justice. Ses effets ne concernent pas seulement les femmes qui en sont victimes, puisqu’ils affectent leur famille, leurs amis et la société dans son ensemble. Cela requiert un examen critique de la façon dont la société et l’État répondent à ces abus. »