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L'actualité récente montre que si les femmes sont capables de défendre leurs droits, elles ont aussi tout à fait intérêt à être vigilantes, car leurs adversaires ne sont pas toujours les premiers auxquels on pense!

  • Journée mondiale d’action pour la dépénalisation de l’avortement

Si le gouvernement de droite espagnol a finalement décidé d’abandonner son projet de loi très restrictif en matière de droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), il reste qu’il était prêt jusqu’il y a peu à faire faire à la société espagnole un formidable bond en arrière dans le domaine des libertés fondamentales, des femmes en l’occurrence.

Manif du 19/01/2014Les mouvements féministes et citoyens ne s’y étaient pas trompés et avaient protesté partout en Europe contre ce projet calamiteux. Petit rappel : le 29 janvier dernier, deux mille personnes avaient participé à Bruxelles à une marche aux flambeaux au départ d’un rassemblement devant l’ambassade d’Espagne (photo ci-contre).

On saluera donc le choix du 28 septembre comme « Journée mondiale d’action pour la dépénalisation de l’avortement ». Menée en Amérique latine et dans les Caraïbes depuis 1990 par des femmes qui réclament le droit à un « avortement libre, légal et gratuit, sans stigmatisation, ni criminalisation », cette campagne trouve son origine dans la loi brésilienne du « ventre libre » du 28/09/1871 qui « libérait tous les enfants nés de parents esclaves ».

Dès lors, les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes veulent que la fin de l’esclavage soit aussi celle de l’esclavage du ventre !

Encore aujourd’hui, 47.000 femmes meurent chaque année dans le monde suite à un avortement non médicalisé.

Depuis peu, la campagne est devenue mondiale avec le soutien du Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs (RMFDR) et, pour l’Europe, de la plateforme Abortion Right !

Le site (en anglais) de la campagne 28 septembre est ici 

Sur son site, Abortion Right ! appelle à signer la « Charte de la plateforme pour le droit à l’avortement »

Sans revenir sur le cas de l’Espagne, « rappelons qu’en Europe, la Pologne conserve une des législations les plus restrictives en matière d’avortement ; que celui-ci reste interdit à Chypre et Malte, et que dans d’autres pays comme l’Irlande et la Hongrie, les entraves à l’IVG sont de plus en plus  fréquentes et multiformes ». Et qu’« en Equateur, le Président de la République Rafael Correa a récemment accru la répression contre l’avortement en créant dans le code pénal un nouveau délit, celui de « mauvaise pratique professionnelle » dans le but d’effrayer les médecins  et de les dissuader de venir en aide aux femmes et aux filles en détresse » (communiqué de la campagne Abortion Right !).

  • En Belgique, la loi sur le sexisme déjà contestée

Il n’aura pas fallu longtemps pour que la loi belge condamnant le sexisme (une première sur le plan international !) soit contestée. Entrée en vigueur le 3 août dernier, elle s’est vue remise en cause le 1er octobre au JT de la RTBF non pas par le premier masculiniste venu, mais par Rik Torfs, le recteur de la KUL (université catholique de Louvain néerlandophone), au nom de la défense de la liberté d’expression. « L’égalité entre les femmes et les hommes est certes importante, déclare en substance Rik Torfs, mais la liberté d’expression ne l’est pas moins. Elle est là pour protéger les choses que tout le monde dit, mais aussi les points de vue un peu minables, minoritaires. Cela fait partie de notre jeu démocratique ».

Extrait du JT avec l'interview de Rik Torfs  (à partir de 3:40)

Pour rappel, cette loi a vu le jour après la diffusion retentissante d’un documentaire sur le sexisme ordinaire (Femmes de la rue), réalisé à Bruxelles par Sofie Peeters, une étudiante néerlandophone en cinéma. La nouvelle loi contre le sexisme précise que « désormais, tout geste ou comportement, qui méprise, gravement et publiquement, une personne en raison de son sexe, peut entraîner une comparution devant le tribunal correctionnel qui pourra prononcer une peine de prison d’un mois à un an et/ou une amende de 50 à 1000 euros » (site de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes-IEFH).

Sur le même site, on peut commander ou télécharger une brochure relative à la nouvelle loi

Signalons aussi que la loi Moureaux de 1981 qui condamne les actes et paroles racistes et xénophobes a échappé jusqu'à présent aux critiques du recteur de la KUL.