Le CVFE est lauréate du prix Anne-Marie Lizin – Théroigne de Méricourt !

 

Après deux nominations en 2013 et en 2015, le CVFE a été proclamée lauréate du prix 2018 Anne-Marie Lizin - Théroigne de Méricourt ! Ce prix récompense le travail de toutes les équipes dans tous les services. Le CVFE a donc reçu une œuvre d’une artiste wallonne choisie par la Synergie Wallonie.

 

Claire Gavroy a remercié les organisatrices du prix en ces termes : Si aujourd’hui le CVFE est une association importante, nous le devons à une poignée de femmes, militantes, qui à la fin des années 70 se sont groupées, mobilisées, organisées pour sortir du silence le fléau de la violence conjugale, se solidariser avec les victimes et faire changer les mentalités, la réaction sociale, juridique, politique.

 

 

 
Aujourd’hui, nous connaissons les impacts des violences conjugales sur les femmes, sur les enfants, sur le lien familial et la parentalité mais aussi les effets de ces violences en termes d’exclusion sociale et de précarité.

                                                       

                                               

                         De gauche à droite: Melissa Vicenzot, Claire Gavroy, Myriam Fatzaun et Anne Delépine du CVFE.

Après 40 ans d’existence et de développement, notre association propose ces services en matière de violences conjugales et d’Égalité Femmes-Hommes :  

-          Un Refuge, une maison de deuxième étape, une crèche 

-          Des consultations psychosociales et juridiques ambulatoires 

-          Des consultations de soutien à la parentalité 

-          Des espaces d’expression, d’analyse, de rencontres, de créations culturelles, en un mot d’Education permanente 

-          Des recherches, des publications, de la sensibilisation d’un large public.

Quand les femmes se mettent ensemble, c’est plus facile et ça donne de beaux résultats ! Par exemple cette vidéo-animation « Dounia, Tamara, Awa - la dignité dans les mains de la Loi » qu’un groupe de femmes migrantes a conçu et réalisé avec l’aide de « Caméra Etc. » pour alerter d’autres femmes comme elles sur les limitations à leurs droits quand des violences conjugales sont exercées en contexte de regroupement familial.

 

 

Pour lutter contre les violences sexistes, il faut agir pour plus d’Egalité entre les femmes et les hommes. Considérant que les violences sexistes sont facteur de précarité et d’exclusions socio-économiques multiformes pour les femmes, le CVFE a déployé un service destiné à soutenir les femmes dans leur projet de trouver (ou retrouver) une place sur le marché de l’emploi et dans la société. C’est le service SOFFT

 

 

Enfin, avec toute sa dimension féministe, en s’appuyant sur l’analyse de genre des rapports sociaux de sexe, notre collectif (soutenu par le pouvoir public wallon) a été l’initiateur avec Praxis d’une coopération inédite, entre services travaillant avec les auteurs et services travaillant avec les victimes. Ce sont les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales, qui coordonnent la Ligne « Ecoute Violences Conjugale » et les programmes de sensibilisation et de formation des professionnels

Prix Anne-Marie Lizin - Théroigne de Méricourt ? Petite piqûre de rappel !

Le prix "Théroigne de Méricourt" a été créé par Anne-Marie Lizin, femme politique wallonne engagée pour les droits des femmes et pionnière en matière de lutte contre les violences conjugales. Anne-Marie Lizin appréciait particulièrement cette femme méconnue, originaire de Wallonie et figure de la révolution française, qu'était Anne-Josèphe de Théroigne de Méricourt, considérée comme une des premières féministes. Elle donna donc son nom à ce prix. Suite au décès d'Anne-Marie Lizin en 2015, ce prix s'appelle désormais "Prix Anne-Marie Lizin - Théroigne de Méricourt".

Il récompense des femmes ou des associations qui œuvrent pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes sur le territoire de la Région Wallonne. Il met également en avant le travail d’une artiste ou artisane de la Région, dont une œuvre originale est offerte à la lauréate.

 

Par Floriane Jammot
Date: 07/12/2018 à 11:40

Beau succès pour le colloque organisé à Huy par la Fondation Anne-Marie Lizin ce samedi 24 novembre!

En ouverture, Michel Lizin et Christine Defraigne (troisième femme Présidente du Sénat depuis 1830, Anne-Marie Lizin fut la première en 2004), ont rendu hommage à la femme politique d’envergure internationale : Anne-Marie Lizin n’a pas connu les attentats de Paris et de Bruxelles. Elle n’aurait pas supporté d’assister sans agir aux luttes de forces politiques qui brandissent la négation des droits des femmes. C’est une femme dont les engagements forçaient l’admiration. Elle avait de l’audace, elle savait sortir du carcan pour des principes et des valeurs supérieurs. Elle fut une pionnière. Ainsi, dans la foulée des recommandations de la conférence de Pékin sur les femmes (1995), elle a proposé et fait voter une loi « visant à combattre la violence au sein du couple », mettant enfin à l’agenda politique belge un changement majeur dans la représentation traditionnelle des violences conjugales. La loi Lizin (1997) a imposé l’idée que, même si elle survient dans la sphère intime, la violence conjugale ne peut pas être confinée au domaine privé et rester impunie. La combattre est du ressort de l’ordre social. Ce changement de perception est fondamental et a généré d’autres avancées. Ainsi, en 2004, Anne Bourguignont, Procureure du Roi, a inscrit cette problématique à l'agenda judiciaire, en imposant une politique de « tolérance zéro » sur l’arrondissement liégeois.

Claire Gavroy (CVFE) a relaté ensuite la genèse de la loi Lizin, en évoquant le souvenir d’une dame ex-hébergée, Paule. Son assassinat en 1995 a été le déclencheur de la rencontre entre Anne-Marie Lizin et le CVFE, qui s’est investi alors dans le soutien au projet de loi que celle-ci proposait. Le monsieur, déjà en sursis, avait été laissé en liberté alors que plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui par plusieurs femmes, mais malheureusement ces plaintes avaient été classées sans suite. Il aurait dû être remis en prison. L’équipe du CVFE a fait connaitre son indignation dans les médias et en a discuté avec Anne-Marie Lizin. A l’époque, les femmes battues ne pouvaient pas se faire entendre. C’étaient des « victimes sans délit ». La prise en compte officielle de la problématique a beaucoup évolué depuis, notamment grâce à la loi de 1997. Cette loi a pu être votée grâce à l’alliance de femmes politiques de tous bords.

Reine Marcellis (Synergie wallonne) et Maria Miguel Sierra (La Voix des Femmes) ont poursuivi la description des évolutions du combat contre les violences conjugales, avec les « Coll3 » et « Coll4 » de la Ministre de la Justice en 2006, Laurette Onkelinx, qui ont généralisé à toute la Belgique la politique «Tolérance zéro » initiée par Anne Bourguignont, avec les plans d’actions nationaux qui se sont succédés depuis 2000, avec la Convention d’Istanbul adoptée par la Belgique en 2016 et dont l’application dans les pays signataires fait l’objet actuellement d’une évaluation de la part des autorités nationales mais aussi des acteurs/trices de terrain. Les avancées en matière de lutte contre la violence conjugale ont plus de chances de succès quand elles s’appuient sur la synergie de toutes les forces et de toutes les compétences : les militantes, les associations spécialisées, les services généralistes, les professionnels de plusieurs disciplines, les politiques et les institutions. Dans un pays comme la Belgique, où les niveaux de pouvoir sont multiples, mais aussi dans un domaine aussi complexe que la violence conjugale, qui appelle des interventions et des solutions de différentes natures, il est important d’avoir une approche globale et cohérente, avec des démarches transversales, ce qu’on appelle une "politique intégrée". La vision développée par la convention d’Istanbul est de mettre les victimes, femmes et enfants, au cœur des dispositifs, aucune compétence n’étant suffisante en soi.

Dans le débat qui a suivi, on a évoqué les régressions (reculs en matière judiciaire avec des politiques particulières à chaque Parquet; reculs en matière d'accueil des victimes par la police), les besoins en formation (des magistrats, des avocats, des policiers mais aussi des politiques!), la grande précarité des associations spécialisées dûe au régime de subsides ponctuels et complexes auquel elles sont confrontées (comme le gel des subsides ou la réforme des aides à l'emploi APE...).

A la veille de la grande manifestation nationale MIRABAL (qui rejoint les manifestations organisées dans une multitude de pays à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes), ce colloque a permis de prendre la mesure de la conviction et de l'engagement nécessaires dans le chef des femmes, à tous les niveaux où elles peuvent agir, pour éradiquer les violences envers les femmes dans la sphère privée comme dans la sphère publique.

Par Anne Delepine
Date: 24/11/2018 à 20:59

Colloque préalable à la Journée Internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes dans lequel le CVFE participe en tant qu'intervenant


Colloque Lizin

Un tournant capital s’est amorcé en début 1998 en Belgique : la Loi Lizin a sorti la violence conjugale de la sphère privée pour la placer dans le domaine d’intervention de la Justice.

Depuis lors, les tenants de l’égalité entre les hommes et les femmes face à la justice n’ont de cesse de faire reconnaitre les violences conjugales et intrafamiliales comme structurelles, faisant partie d’un contexte de société favorisant les rapports de domination des hommes sur les femmes, banalisant les violences à l’égard des femmes et trouvant des excuses aux comportements sexistes omniprésents.

Dans la lignée, en 2016, la Convention d’Istanbul entre en vigueur en Belgique, reconnaissant officiellement l’existence de ce rapport de domination et de sa place centrale dans la violence intrafamiliale, offrant enfin un cadre légal international pour lutter plus efficacement contre le phénomène.

Est-ce pour autant gagné ? Quelle est l’orientation actuelle de la politique criminelle en Belgique ? Sous quel angle la Justice et les divers gouvernements à l’œuvre en Belgique envisagent-t-ils de lutter contre le phénomène ?

PROGRAMME :

Mot d’ouverture et présentation de la Fondation par Michel Lizin, Président de la Fondation Anne-Marie Lizin.

Ouverture du colloque par la Présidente de la journée :

MME CHRISTINE DEFRAIGNE, Présidente du Sénat.

Présentation des contextes :

MME CLAIRE GAVROY, Directrice Générale AI du CVFE,
évoquera les préparatifs de la loi Lizin, les difficultés, les compromis et,
éventuellement, la majorité grâce à laquelle cette loi a été votée.

MME REINE MARCELIS, de Synergie Wallonie, évoquera les avancées et les reculs juridiques, sociologiques et politiques depuis le vote de la « loi Lizin » jusqu’à aujourd’hui.

MME MARIA MIGUEL SIERRA, de La Voix des Femmes, s’attachera spécialement à la Convention d’Istanbul, aux façons de la mettre en œuvre envisagées par l’état fédéral belge, les entités fédérées et l’Europe en général et aux attentes des associations de lutte contre les violences faites aux femmes.

Ces présentations seront suivies d’un débat animé par AGNÈS LEJEUNE, Présidente du CVFE.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

  • Quand ? : samedi 24 novembre 2018 de 12 h à 17h - Accueil avec un lunch léger à partir de 12h00 (sur inscription).
  • Où ? : Contre Vents et Marées, Rue Vankeer, 1 - 4500 Huy (1er étage)
  • Conditions ? Participation gratuite mais inscription obligatoire en cliquant ICI
Par Floriane Jammot
Date: 05/11/2018 à 13:49

Mobilisons-nous ce 25 novembre 2018 dans une grande manifestation nationale féministe !

 

Depuis plusieurs mois, notre département "Animations et Sensibilisations" s'implique dans l'organisation de la manifestation nationale contre toutes les formes de violences faites aux femmes " MIRABAL" organisée le 25 novembre prochain à Bruxelles  : manifestation de nos dames, diffusion via nos tracts, projet de création de messages et visuels avec les femmes que nous rencontrons, sécurité, ...

L'association est porteuse de ces revendications !

La plate-forme privilégiera les formes festives, impertinentes, colorées, sur le modèle des mobilisations de femmes en Amérique du sud contre le féminicide ou aux États-Unis contre Trump.

mirabal

Les violences faites aux femmes, une responsabilité collective !

 
Pourquoi ?

  • Parce que les violences faites aux femmes s’exercent sous de multiples formes et sont partout : dans la famille, au travail, à l’école, dans les médias et les institutions publiques, dans la rue…, en Belgique comme ailleurs ;
  • Parce que tous les jours, des femmes risquent leur vie ou vivent les conséquences des violences sur leur santé, leur autonomie économique, leur famille, leur mobilité… ;
  • Parce que trop souvent les plaintes ne sont pas prises au sérieux ou sont classées sans suite, et que les auteurs ne sont pas condamnés ;
  • Parce que l’autonomie des femmes est fragilisée par des politiques d’austérité ultralibérales alors que l’indépendance économique est une des conditions indispensables pour mettre fin aux situations de violences ;
  • Parce que la plupart des actes de violence sont perpétrés par des hommes ;
  • Parce que la violence à l’égard des femmes est utilisée pour maintenir le pouvoir et le contrôle des hommes ;
  • Parce que la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre, exercée sur les femmes parce qu’elles sont des femmes.

  Cela ne peut plus durer !

  • Des statistiques genrées sont indispensables pour mesurer l’ampleur des violences faites aux femmes dans notre pays et mener des politiques de prévention adéquates ;
  • Des efforts budgétaires doivent être faits pour soutenir la lutte contre les violences, pour assurer la protection, l’accueil et le suivi des victimes, ainsi que la réparation des préjudices subis ;
  • Les services proposés aux victimes doivent être renforcés et multipliés ;
  • Les actions des associations qui luttent contre les violences et pour l’autonomie des femmes doivent être reconnues, soutenues et pérennisées ;
  • La formation des intervenants de première ligne et des professionnels concernés (police, justice, hôpitaux, etc) doit être systématique et continue.
En Belgique aussi, rejoignons le mouvement qui grossit de par le monde (« Ni Una Menos » en Amérique latine, « Non una di meno » en Italie, la grève internationale des femmes du 8 mars, …) pour dénoncer les violences faites aux femmes.


mirabal 2018
Mirabal est une plateforme de mouvements féministes qui luttent contre les violences faites aux femmes.
 
Pourquoi Mirabal ? Les trois soeurs Mirabal étaient des militantes contre la dictature de Rafael Trujillo en République Dominicaine.
 
Pourquoi le 25 novembre ? Le 25 novembre 1960, elles furent brutalement assassinées sous les ordres du dictateur. Depuis 1981, cette date a été choisie comme journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
 
Rejoignez-nous aussi sur Facebook : https://www.facebook.com/mirabal.belgium/

Concrètement ...

  •  Vous en parlez autour de vous et nous nous mobilisons a y aller !!
  • Vous pouvez être signataire de l'appel en votre nom personnel à travers la pétition en ligne ICI. Plus nous serons nombreux·ses, plus notre message aura de poids! Plusieurs associations et mouvements de femmes de tout le pays, dont le CVFE, s'activent pour que ce soit un évènement marquant, entendu par l'opinion publique et le politique.
  • Vous pouvez partager le flyers ICI et l'affiche ICI autour de vous.

Merci de votre intérêt pour un moment féministe comme il n'y en a plus eu depuis longtemps !

Par Floriane Jammot
Date: 05/11/2018 à 09:32