Campagne de l'ONULa Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes est célébrée le 25 novembre. C’est l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui a décidé fin 1999 de l’organisation annuelle de cette journée de sensibilisation. La date du 25 novembre a été choisie en mémoire de l'assassinat le 25 novembre 1960 des trois sœurs Mirabal, militantes politiques de République dominicaine (Saint-Domingue) (Wikipedia-fr).

Cette année, le Secrétaire général des Nations Unies a lancé la campagne « Tous UNIS pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes » et il invite à « oranger le monde pour l'élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles », la couleur orange ayant été choisie comme emblème de cette campagne.

Plus d'info

Au niveau mondial, les violences envers les femmes constituent un immense fléau qui prend des formes malheureusement nombreuses : violences physiques, sexuelles, psychologiques, viols, traite des êtres humains, exploitation sexuelle, mutilations génitales, mariages forcés, mariages d’enfants…

Quelques chiffres communiqués par l’ONU : dans le monde,

  • 35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours leur vie et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus dans certains pays.
  • On estime que plus de 133 millions de filles ont subi une forme de mutilation génitale féminine dans les 29 pays d'Afrique et du Moyen-Orient où la pratique dangereuse est la plus courante.
  • Dans le monde, plus de 700 millions de femmes aujourd’hui mariées l’ont été enfant, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans. Les filles qui se marient avant l’âge de 18 ans ont moins de chances de finir leur scolarité et sont plus exposées à la violence domestique et aux complications liées à la grossesse.
  • Les coûts et conséquences dus à la violence à l’égard des femmes se font sentir sur plusieurs générations.

Plus d'info

A l’occasion du 25 novembre, ONU-Femmes a réalisé une infographie statistique éloquente, bien que très inquiétante, en ce qui concerne les diverses formes de violences envers les femmes et les jeunes filles.

Voir l'infographie

Pour la Belgique, les chiffres communiqués récemment par les services de la Ministre des Droits des Femmes et de l’Egalité des Chances de la FWB (Fédération Wallonie-Bruxelles) font également froid dans le dos :

  • 1 femme sur 7 a été confrontée à au moins un acte de violence commis par son (ex)-partenaire au cours des 12 derniers mois 
  • Environ 3000 viols sont enregistrés par an. Mais seulement 1 victime sur 10 porte plainte 
  • Chaque jour, 7 viols sont commis 
  • Plus de 13.000 femmes excisées et 4.000 fillettes à risque vivent sur le territoire belge 
  • En 2013, les statistiques policières ont recensé en Belgique 39.746 procès-verbaux relatifs à des faits de violences conjugales 
  • En 2013, les violences conjugales ont entraîné la mort de 162 personnes.

La Campagne du Ruban blanc

Le Ruban blancDu 25 novembre au 6 décembre se déroule également chaque année la Campagne du Ruban Blanc. Cette campagne rappelle le massacre de 14 jeunes filles perpétré par un masculiniste armé d'un fusil mitrailleur, le 6 décembre 1989, à l'Ecole Polytechnique de l'Université de Montréal. « En commémoration de ce drame, la campagne du Ruban Blanc (White Ribbon Campaign) est née au Canada en 1991 à l'initiative d'un groupe d'hommes qui, tout comme l'ensemble de l'opinion publique, a été bouleversé par ce tragique évènement. Ils ont souhaité réagir afin de faire changer les mentalités et de montrer leur opposition aux violences (physiques, sexuelles, morales, crimes d'honneur, mariage forcés, excisions,…) ».

L'homme qui porte le ruban blanc veut exprimer qu'il condamne la violence masculine à l'égard des femmes et s'engage à la dénoncer au cas où il en serait témoin.

Plus d'info

Dans notre région, plusieurs institutions participent à la campagne du Ruban Blanc, notamment la province et la ville de Liège.

Depuis 13 ans, la Ville de Liège soutient activement la campagne. Au sein du personnel, des agents référents sont sensibilisés (notamment par le CVFE) aux violences envers les femmes de façon à pouvoir fournir de l’information à leurs collègues.

Pour l’édition 2015, deux sportifs renommés, Axel Witsel et Nacer Chadli, ont accepté de soutenir le message. Le dimanche 22 novembre 2015, les objectifs de la campagne ont été rappelés à l’entame du match Standard-Courtrai et des cartes postales et des pin’s Manif contre la violence sexisteRuban blanc distribués aux supporters présents à Sclessin.

Plus d'info

Précarité économique et sociale des femmes

Enfin, on n’insistera jamais assez sur le fait que les femmes sont systématiquement les premières victimes de toutes les crises, notamment économiques, et des politiques d’austérité qui leur succèdent. En plus des violences dans le couple, la pauvreté, pour elles et leurs enfants (notamment pour les cheffes de famille monoparentales), la précarité sociale, les discriminations professionnelles et de genre, le mal-logement constituent malheureusement souvent leur quotidien.

Lire notre analyse en ligne

(Photo dziriya.net)

 

 

Par René Begon
Date: 25/11/2015 à 11:08

Le Musée de la Main, de Lausanne (Suisse), associe le CVFE à l'exposition  « Violences » qu'il présente jusqu’au 19 juin 2016. Cette exposition « questionne les formes plurielles, visibles ou cachées, dénoncées ou banalisées » que peut revêtir la violence entre les personnes et cela en multipliant les angles d’approche.

La participation du CVFE à cette exposition se fait de deux manières. Tout d’abord, l’exposition intégre à sa section consacrée à la violence familiale deux dessins d’enfants extraits du livre Enfance et violence conjugale. Histoires, de Marianne Romus, psychologue et de notre collègue, Marie-Christine Romignot, animatrice d’un atelier de récit par le dessin à l’intention des enfants hébergés au refuge avec leur maman. L’analyse des dessins d’enfants par Marianne Romus fait ressortir à quel point le fait d’avoir vécu dans un climat de violence au sein de la famille non seulement influence le vécu des enfants, mais laisse des traces indélébiles et douloureuses dans leurs représentations et leur imaginaire (publié chez Academia-Bruylant). Durant l'exposition, le livre sera disponible à la boutique du musée.

La scénograpie de l'exposition met bien l'accent sur ces deux dessins d'enfant:  sur la photo ci-dessous (de l’artiste colombienne Libia Posada), ils sont mis en évidence par l'éclairage,  de part et d'autre du tableau central.

Expo Musée de la main (Lausanne)Quant à la création théâtrale Qui a crié au loup ?, qui traite des enfants exposés à la violence conjugale, elle sera présentée le 9 juin 2016, à 20h, à l’Espace culturel des Terreaux, en clôture d’un cycle de conférences-débats (conçu par le Département universitaire de médecine et santé communautaires du CHUV, l'hôpital cantonal), sur différents problèmes liés à la violence (maltraitance des personnes âgées, minorités sexuelles, violence et migration, alcoolisme, violence domestique). La conférence de clôture traitera de « Dix ans de pratique médico-légale auprès des victimes ».

Initialement produite par la compagnie liégeoise Adakia et le CVFE, la pièce Qui a crié au loup ? a été reprise par le Théâtre de la Renaissance, avec la comédienne Ingrid Malavasi et représentée à de nombreuses reprises en Wallonie.

Fondé en 1997 par La Fondation Claude Verdan, l’Université de Lausanne et le CHU local, le Musée de la Main regroupe la collection d’objets sur le thème de la main humaine rassemblée au cours de sa carrière par le professeur Claude Verdan, éminent spécialiste suisse de la chirurgie de la main. A côté de sa collection, le Musée propose également des expositions thématiques et des conférences sur des questions scientifiques, médicales et sociales.

 Légende photo: © Musée de la main UNIL-CHUV. Photo: Olga Cafiero.

 

 

Par René Begon
Date: 20/11/2015 à 01:00

Fight SexismeBien réagir à l'agressivité ou au harcèlement dans la vie de tous les jours (en rue, dans les transports en commun, au travail, dans la famille et dans le couple), se sentir plus forte et respectée, oser sortir de chez soi sans avoir peur, cela s'apprend grâce aux techniques d'autodéfense émotionnelles, physiques et verbales pour les femmes, basée sur la pratique du Seito Boei.Le Seito Boei en action

Le prochain stage d'autodéfense grand public proposé par le secteur Education permanente du CVFE se déroulera les CINQ vendredis matins suivants :

13, 20, 27 novembre et 04 et 11 décembre 2015, de 9 h à 12h.

La formation est gratuite.

Elle se déroule à la maison du CVFE, rue Maghin, 11 à B-4000 Liège .

Inscriptions au 0471/ 600 848 ou sur ginger [at] cvfe [dot] be

 

 


 

Par René Begon
Date: 02/11/2015 à 17:28

Les ING Solidarity Awards, organisés par la banque ING, récompensent des projets soumis par des associations à vocation sociale. Cinq associations par province, arrondissement de Bruxelles-Capitale y compris (soit 55 associations en tout) recevront un coup de pouce de 1000 € à l’issue d’un vote par le public sur Internet.

Le vote sur Internet est ouvert à toutes/tous les sympathisants des associations du 20 octobre au 10 novembre.

La candidature du CVFE a été retenue et donc il est désormais indispensable que notre association recueille un maximum de votes d’ici le 10 novembre 2015.

Le projet soumis par le CVFE concerne la Maison communale d’accueil de l’enfance (MCAE) « Le Traversier » qui a ouvert ses portes le 1er septembre dernier. La somme éventuellement remportée par le CVFE sera utilisée pour acquérir du matériel, notamment pédagogique, pour cette crèche de 12 places ouverte par notre association pour accueillir les enfants des femmes résidant dans notre maison d’hébergement, mais aussi des enfants du quartier.

La concurrence est rude : pas moins de 698 associations se sont inscrites aux ING Solidarity Awards.Vue de la MCAE Le Traversier

Le projet du CVFE a également été retenu pour le Prix du jury, dénommé « Impact Award ». Le jury sélectionnera 15 projets originaux et porteurs d'impact afin de leur décerner des prix pouvant aller jusqu'à 10.000€.

La participation au concours est gratuite et n’est pas conditionnée à une quelconque acquisition de produits de la banque. Celle-ci alloue un budget de 135.000 € au concours.

Les résultats du vote du public seront connus dès le 12 novembre et le Prix du jury sera remis le 16 décembre, lors d’une cérémonie publique regroupant l’ensemble des associations finalistes.

Alors qu'attendez-vous ? Vous avez encore jusqu'au 10 novembre inclus pour soutenir votre association préférée et lui donner l'opportunité de remporter peut-être une petite aide financière.

Pour soutenir le CVFE, cliquez sur le lien suivant et VOTEZ POUR NOUS !

Photo: une vue des locaux de la MCAE "Le Traversier"

Par René Begon
Date: 23/10/2015 à 11:02

Le Collectif contre les Violences Familiales et l'Exclusion est très touché par le décès de Madame Anne-Marie Lizin et tient à lui rendre hommage.

La disparition de Madame Lizin est l’occasion de rappeler que cette femme politique a été une combattante énergique en faveur de la cause des femmes et singulièrement des victimes de violence conjugale, comme en témoigne la loi de 1997 qui porte son nom.

Son énergie hors du commun, sa capacité à surmonter les obstacles dressés devant elle en tant que femme ne lui ont évidemment pas fait que des amis. Sa force de caractère était telle que plusieurs leaders politiques n’ont pas hésité à la décrire comme un « homme » politique. Aurait-elle dû considérer cela comme un compliment ? Dire cela d’une féministe, ce n’est pas très classe. Rien qu’à ce détail, on touche du doigt ce que notre société a de foncièrement sexiste.

Quelle fougue, cependant, quelle passion de la vie en société et quel investissement hors du commun dans la cause des femmes l’animaient!

Responsable de la sécurité dans la commune de Huy en tant que bourgmestre, elle observa les statistiques des délits pour les années 1993 à 1995 et fit des constatations étonnantes : globalement, un fait de violence conjugale était répertorié tous les deux jours, mais seulement 12% des affaires faisaient l’objet d’une plainte et à peine 2,4% d’entre elles étaient soumises à un juge d’instruction. Et encore : ce n’était qu’en cas de crime de sang (c’est-à-dire si la victime était décédée) qu’il était fait appel au Parquet. En plus, la qualification de « différend familial » utilisée par la police pour caractériser ces faits n’aboutissait qu’à un phénomène de banalisation assez dommageable : les associations de défense des victimes s’insurgeaient contre l’assimilation faite entre une dispute au sein d’un couple et un phénomène de domination conjugale, bien moins anecdotique.

La loi Lizin de 1997

S’appuyant sur ces constatations, Anne-Marie Lizin entreprit de faire voter une loi « visant à combattre la violence au sein du couple ». Il faut se rappeler qu’au même moment, une femme hébergée au refuge du CVFE avait été sauvagement assassinée par son compagnon.

Pour la première fois, une mesure légale se donnait pour objectif de protéger les victimes de violence conjugale, notamment :

  • en introduisant la notion de crime ou de délit commis à l’encontre de « l’époux ou de la personne avec laquelle la victime cohabite ou a cohabité et entretient ou a entretenu une relation affective et sexuelle durable »,
  • par l’abrogation de l’article 413 du Code pénal selon lequel le flagrant délit d’adultère constituait une cause d’excuse aux coups et blessures volontaires et à l’homicide,
  • en permettant au Procureur du Roi de requérir (et donc de pénétrer au domicile jusqu’ici protégé par l’inviolabilité, sauf en cas de crime), non plus seulement sur appel du chef de maison, mais aussi sur plainte de la victime[1] .

Par la suite, d’autres femmes ont poursuivi ce travail indispensable : d'abord, la Procureure du Roi de Liège Anne Bourguignont en instaurant en septembre 2004 la circulaire « Tolérance zéro » dont l’objectif était de mettre fin au classement sans suite (c’est-à-dire sans poursuite) des plaintes en matière de violence conjugale. Ensuite, la ministre de la Justice Laurette Onkelinx en généralisant à l’ensemble du pays les prescriptions de cette circulaire à travers les COL 3 et 4 proposées en mars 2006 avec le Collège des Procureurs généraux.

Qu'après tous les combats qu'elle a menés sans réserve pour la cause des femmes, Madame Anne-Marie Lizin repose en paix.

 




[1] « Loi Lizin et consorts visant à combattre la violence au sein du couple » du 24/11/1997 (Moniteur belge du 6/02/1998).

 

Par René Begon
Date: 21/10/2015 à 18:16