Le 27 novembre 2012, la première projection publique du documentaire de Cindy Pahaut, On reviendra au Printemps, rassemblait plus de 300 personnes L'affiche du filmdans la salle du cinéma "Le Parc", à Droixhe. Organisée par le CVFE, partenaire étroit de la cinéaste, la séance était suivie d'un échange entre Cindy Pahaut, un intervenant du refuge et une des dames témoignant dans le film. Voir notre actualité de l'époque.

Depuis cette époque, Cindy Pahaut a continué à travailler sur son film, en cherchant notamment les moyens de le faire connaître plus largement.

Mais, pour ce faire, elle a besoin de quelques moyens financiers supplémentaires. C'est pourquoi elle s'est lancée depuis peu dans un pari de financement participatif - ou crowdfunding pour les initiés- sur le site Ulule !

Pour rappel, l'écriture de ce film est le fruit d'un atelier collectif qui s'est tenu de novembre 2006 à mars 2007 au CVFE, qui a soutenu le projet de Cindy Pahaut depuis ses premiers pas.

« Cette parole collective est le fruit d'une rencontre. De la saison morte au printemps, une réflexion mûrie par quelques femmes ayant transité par le Refuge – adresse secrète où il leur était possible de se soustraire pour un temps à un conjoint violent. Un désir iconoclaste de briser le tabou de ces prétendues histoires intimes, de faire s'envoler ‘ces images qui ne jaunissent pas avec le temps’. Ce film est la parole de Laïka, Laetitia, Arlette & Ruby ».

Le but du pari? Rassembler d'ici le 8 mars 1500 euros -ou plus, grâce à vos souscriptions ! - afin de pousser le montage d'On reviendra au Printemps à son terme le plus abouti,  de manière à lui assurer le soutien du GSARA, équipe de production de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui portera le film à la lumière durant au minimum deux belles années de promotion et de diffusion !

C'est un nouvel envol pour le film, auquel vous pouvez aujourd'hui participer activement ! Plus d'explications sur le site de Ulule où les modalités de soutien sont expliquées et où on trouvera un dossier très complet sur le projet de Cindy Pahaut, ainsi que sur les motivations de son appel à soutien.

Une belle cause à défendre, à la fois pour la cinéaste et pour les anciennes victimes de violence conjugale qui témoignent dans son film.

 

Par René Begon
Date: 21/02/2014 à 20:23

Ce n'est pas tous les jours qu'une centaine de personnes vêtues de rouge se rassemblent sur la place Saint-Lambert pour danser ensemble.

C'est pourtant ce qui s'est passé le 14 février 2014 à l'occasion de la campagne "One Billion Rising" contre les violences faites aux femmes.

Quelques souvenirs en images de ce V-Day liégeois, organisé par nos animatrices.

Accueil et lecture d'un extrait des Monologues du vagin, d'Eve Enstler

Discours de bienvenuePendant la lecture

Pendant la lecture

Mise en jambe/Affiche créée par une participante

Premiers pasAffiche

La "Flashmob" (chorégraphie) de "One Billion Rising"

FlashmobFlashmob-2

Flashmob-3Flashmob-4

 


 

Par René Begon
Date: 19/02/2014 à 12:01

Une bonne centaine de femmes, mais aussi d'hommes, se sont rassemblé-e-s vendredi 14 février sur le temps de midi devant le palais de justice de Liège à l'occasion de la campagne mondiale "One Billion Rising", destinée à combattre les violences faites aux femmes et à faire respecter leurs droits partout dans le monde.

Beaucoup de monde, beaucoup de rouge et beaucoup de danse collective pour cet événement qui a fait la une du journal télévisé de 13h sur la Une (RTBF) Voir

Logo de la campagneL'image de la campagne

Créée par la dramaturge américaine Eve Enstler, la campagne "One Billion Rising" (littéralement: un milliard de personnes se lèvent) veut sensibiliser les opinions publiques aux violences faites aux femmes, en partant du constat qu'un milliard de femmes dans le monde ont subi ou subiront des actes de violence durant leur vie.

Au début de la manifestation liégeoise, qui avait lieu devant le palais de Justice, une organisatrice a lu un extrait des Monologues du vagin, d'Eve Enstler, après quoi l'assemblée à commencé à danser, d'abord sur quelques classiques de musique pop, puis sur l'hymne de la campagne.

Voyez la page Facebook de One Billion Rising-Liège

La manifestation liégeoise était organisée par les animatrices de notre association, le CVFE, qui lutte depuis 35 ans aux côté des femmes pour défendre leurs droits et les aider à échapper à l'emprise de la violence entre partenaires.

A cette occasion, voici le témoignage émouvant d'une de ces femmes accueillies au refuge du CVFE:

C’est juste pour dire…

 Ce texte est dédié à toutes les femmes parmi nous aujourd’hui, à toutes les femmes d’ici et d’ailleurs.

A toutes les femmes que la vie leur a fait  voir de toutes les couleurs, à toutes les femmes qui vivent

Dans l’obscurité, à toutes les femmes qui se cachent dans le noir, à celles qui vivent dans la lumière.

A toutes les femmes courageuses qui ne s’arrêtent de courir que pour reprendre leur souffle, à toutes les femmes comme les diamants qui préfèrent vivre dans les ténèbres, pour durcir dans le noir qui obtiennent leur luminosité loin de la lumière et avec le temps durcissent et arrivent même à découper le Verre, à toutes les femmes cachées comme des perles rares qu’il suffit juste de les chercher pour connaître leurs vraies valeurs, à toutes les femmes qui malgré toutes leurs douleurs et dans la misère parviennent à préserver leur grand sourire

A toutes les femmes qui ne s’attendent pas à ce qu’on les admire, mais juste les écouter et les

Soutenir

C’est juste pour dire…

Après tant d’années de souffrances, humiliations, insultes et violences

J’ai quitté chez « lui »qui n’a jamais été chez MOI

J’ai quitté la maison, une sorte de petite prison, espérant trouver une vie meilleure ailleurs

Je me suis dit Adieu misère pour toujours

Mais hélas ! dehors la violence est pire encore

C’est juste pour dire

Dehors rien ne te protège et surtout pas la loi, j’ai plongé dans le NOIR et c’est plus fort que moi

Ça n’a jamais été mon choix

Chez mon ex : j’ai affronté la mort une fois, mais dehors, dans le noir une femme comme moi peut mourir mille fois, un regard de mépris des remarques mal placées, là où je vais on me dit « tu n’as droit à rien », me blessent à chaque fois

C’est juste pour dire

Beaucoup d’obstacles …là aussi il y a la bureaucratie ? ET SI…ET SI…

Moi je rêve ici, je vieillis ici, mon fils grandit ici, je suis devant TOI, je crie je le dis, je suis derrière toi est ce que tu me vois ?

C’est vrai je n’ai rien, droit à rien, mais il me reste ma dignité et un peu de fierté

Regarde moi je suis là devant toi, dans le NOIR mais je suis là, tourne toi

C’est juste pour dire…

La violence peut te casser, te détruire mais pour une femme comme moi, la violence fait booster sa patience, sa sagesse et aussi son intelligence

J’ai beaucoup à dire, j’ai plein d’atouts pour réussir, mais je n’ai droit à rien

JE cours dans tous les sens et toujours droit à rien, mais mon mari lui a bénéficié d’un logement social deux chambres, cuisine, living et chauffage central, c’est l’idéal

Et moi dehors, je n’ai rien

C’est juste pour dire…

Je suis là prés de toi, devant toi, dans la foule et même à coté de toi, regarde-moi, écoute moi

Les nuits dans le noir sont longues et les journées sont dures, mais c’est comme la procédure, elle est dure et elle dure

Je ne dis pas donnez-moi, ou partagez avec moi, ni même aidez-moi, c’est juste pour dire écoutez moi

Je suis dans le NOIR cherchez moi

Après une longue souffrance entre quatre murs, je mérite quand même une petite récompense ou seulement une petite chance, j’en assez de l’indifférence et l’insouciance

Heureusement que dans l’obscurité il y’a toujours un COLLECTIF, un CVFE pour ceux qui ne connaissent pas ce n’est pas seulement un immeuble, des portes et des fenêtres, mais ça représente tout ce qui est humain il n’y a pas que des femmes … qui le gèrent, mais aussi des hommes, pas comme tous les hommes, eux ils ont des cœurs

C’est juste pour dire

Elles sont des ladies et eux des gentlemen qui ont compris que je suis là, qui m’ont soutenue et jusque-là ils sont toujours là

Mais que faire contre toute une institution ? Contre des lois et des lois et pourtant je suis dans le Noir et eux ils me voient, c’est juste pour dire

Nos ancêtres nous ont appris que celui qui te fait quelque chose de bien il faut attendre l’occasion pour la lui rendre, mais si tu n’arriveras pas alors faut jamais l’oublier et moi je vais la citer et la réciter pour les remercier

C’est juste pour dire

« Maman on a rien mangé », « ce n’est pas grave, cette nuit tu feras de beaux rêves » « c’est vrai maman ? »

« Oui avec un estomac creux adieu les cauchemars, c’est pas grave rêve petit rêve »

Parfois la vie nous fait pleurer au moment où elle doit nous faire rire, quand j’entends « manger   équilibré, cinq fruits et légumes par jour » moi je me dis au fond de moi un fruit par jour pour moi c’est déjà un grand exploit » moi je n’ai rien contre tout ça mais c’est juste pour dire…

Etre maman n’est pas donné à tout le monde, alors faut bouger faut changer

Je commence à courir dans tous les sens, dans le NOIR, je trébuche parfois et je tombe plusieurs fois

Mais pour une femme comme moi, elle tombe mille fois et se relève dix mille fois

C’est juste pour dire

Argent Noir, ce n’est pas sale, ce n’est pas argent facile, c’est vrai que ça sent le détergent, la poussière et la sueur mais j’en suis fière

C’est juste pour dire on m’a pas laissé  le choix, je dois courir pour me nourrir, pour survivre avec dignité et fierté au moins une fois

Je n’ai rien, droit à rien, je ne renonce à rien, je veux juste vivre en femme libre, tête haute sans être obligée de courir à chaque fois

Parfois j’en ai marre, parfois je ne retrouve plus de force et pourtant je n’arrête plus de courir, je ne veux plus souffrir

C’est juste pour dire

Je crie à haute voix…J’EXIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIste !

J’attends un écho,…je n’entends rien, je suis rien, c’est vrai je n’ai droit à rien c’est vrai mais au moins un écho, c’est trop demander ? Ça aussi semble être loin

C’est juste pour dire, je suis là, je suis fatiguée, je n’ai plus de forces

Je suis là, je suis épuisée dans la foule je trébuche, je tombe mais je crie encore pour une dernière fois

Une femme comme moi tombe une fois et se relève deux fois, mais je suis seule je hurle dans le vide, il m’arrive parfois de perdre ma voix mais je retrouve toujours ma voie

J’attends toujours ….non j’entends rien, c’est vrai vous l’avez dit, j’ai rien j’ai droit à rien …

Attends j’entends une voix, dans le noir, une douce voix, une petite main tendue vers moi, dans le noir je la vois

« OUMMI » ! C’est juste pour dire « oummi » veut dire maman et c’est ainsi que mon fils m’appelle, et c’est très joli comme nom

OUMMI ! Accroche-toi, défends-toi Oummi ne tombe pas, je ne te lâche pas, un enfant à six ans et six mois est là pour toi, je ne suis pas loin de toi, c’est vrai peut être tu n’as rien

Mais tu as moi et moi je n’ai que toi, accroche-toi maman, regarde devant toi

C’est juste pour dire

dans le noir, je suis ta lumière, et dans la misère j’ai toujours fait ton bonheur, j’ai le don de te soulager, et apaiser ta douleur

Maman je sais créer ta joie, je peux même te transformer en reine et moi en roi, tu vois maman ?

C’est magique, pour toi je deviens magicien c’est magnifique

Maman c’est vrai tu es en colère et parfois tu as la rage mais tu as plein de courage

Maman relève-toi

Maman défends-toi

Maman repose-toi

Maman tu as moi et moi j’ai toi, et nous deux on a un toit, c’est un petit droit et c’est grâce à moi et oui maman c’est ça la loi, donc détends-toi

Maman dans le noir, on a partagé les moments de misère, de galère et aussi de bonheur et moi je suis fier  d’avoir une maman comme toi

Maman relève-toi

C’est juste pour dire que tout ça me réchauffe le cœur

Oh que c’est dur, de voir son enfant grandir,

Toi petit grandis

Bien plus tôt, tu parais plus  grand que t’en as l’air et c’est pour cela que je pleure dans mon cœur reste enfant, garde ton enfance petit, avec toute son innocence sa douceur et sa bonne humeur, faut goûter  à la vie avec toutes ses saveurs

Approche-toi petit grand

Que ton avenir soit meilleur

Moi j’ai toi maman et j’en suis fier

C’est juste pour dire

Souviens-toi maman, tu n’arrêtes pas de dire que tu ne veux pas mourir avant d’être complètement libre

Oui tout ça est dans mes souvenirs

Mais qui parle de mourir ? je commence à peine à revivre, et j’ai encore d’autres années devant moi à vivre et peut être encore souffrir, car la souffrance

Avec le temps nous fait durcir, et s’il n’y as pas de douleur la vie sera encore plus courte, c’est juste pour dire

Ma vie est allongée ma souffrance refuse de prendre congé

C’est marrant, les gens les plus drôles sont ceux qui souffrent le plus mais on ne les voit pas car leurs douleurs sont muettes,

C’est pour ça que je ne veux plus souffrir en cachette, et si on me voit pas, au moins qu’on m’écoute

C’est juste pour dire que je garde toujours le pouvoir de rêver le rêve n’appartient qu’à moi

C’est juste pour dire

Il y en a qui ont écrit leur nom à l’encre, d’autres avec leurs larmes et leur sueur, d’autres qui préfèrent l’écrire avec leurs sang

Mais moi, mon rêve est de pouvoir graver mon nom avec des lettres d’or, qui brillent toujours, pas dans un registre ordinaire, qui finira un jour dans les archives ou dans les tiroirs sous la poussière rêve d’écrire mon nom en tous caractères dorés, dans le registre de la vie

Quand on ouvre ce registre, on commence par

Il était une fois, UNE FEMME……

Mon rêve est de pouvoir vivre en lumière, vivre en femme totalement libre

Mais ça reste un rêve parmi des milliers de rêves

OUI, c’est juste pour dire

Approche toi petit grand, arrête de faire ton malin, fait moi un câlin, un gros gros câlin

Approche toi mon cœur, et là en ce moment je vais me taire, mes paroles s’envolent dans l’air

Pas pour partir mais pour revenir,

Et moi en ce moment, je ne trouve rien à dire… et je garde le beau sourire

Signé : une femme qui un enfant et beaucoup de courage

MERCI DE M’AVOIR ECOUTEE

 

Par René Begon
Date: 17/02/2014 à 17:49

Logo de la campagneLe 14 février, ce n'est pas seulement l'opération commerciale nommée Saint-Valentin: c'est aussi le "V-Day", c'est-à-dire une occasion de manifester contre les violences faites aux femmes. V comme violence ou comme vagin, dit le communiqué.

L'image de la campagne

 

 

 

 

L'idée vient des Etats-Unis sous le titre "One Billion Rising" ("Un milliard d'humains se soulèvent"): partout dans le monde, femmes et hommes sont invités à se rassembler et à danser en même temps (une chorégraphie est proposée).

Pourquoi un milliard? Parce qu'on évalue à un milliard (c'est-à-dire une femme sur trois) le nombre de femmes qui, au cours de leur vie, seront battues ou violées...

En tant qu'association féministe luttant depuis 35 ans contre la violence faite aux femmes, le CVFE fait partie des organisateurs de la journée à Liège.

Cette année, le thème choisi est la justice: c'est pourquoi One Billion Rising-Liège (sur Facebook) invite les Liégeoises et les Liégeois à se rassembler le vendredi 14 février, entre midi et 14 heures, devant le Palais de Justice (place Saint-Lambert) pour soutenir leurs amies, leurs mères, leurs filles ou leurs sœurs afin que cesse la violence et que justice leur soit rendue..

 Pour assurer une certaine visibilité, portez du rouge ( sur la tête, les épaules, où vous voulez).

Au programme : flashmob (chorégraphie), sketchs, spectacle de marionettes, slam lecture et animations.

Une occasion pour toutes et tous de fêter la Saint-Valentin autrement : partager et  danser contre la violence et pour le respect des droits des femmes d'ici et d’ailleurs !

Par René Begon
Date: 06/02/2014 à 13:46

La marche aux flambeaux organisée le mercredi 29 janvier à Bruxelles par une série d'ONG européeennes pour protester contre le projet de loi anti-IVG du gouvernement de droite espagnol dirigé par Mariano Rajoy a rassemblé plus de 2000 personnes qui ont défilé depuis l'ambassade d'Espagne (rue de la Science, non loin de la rue Belliard) jusqu'au Parlement européen (place du Luxembourg).

La manif

La manifestation a débuté vers 17h devant l'ambassade d'Espagne où ont pris la parole plusieurs organisatrices, organisateurs et personnalités politiques (dont une députée socialiste venue d'Espagne). Les oratrices/-eurs ont souligné le caractère rétrograde et sexiste du projet espagnol, appuyé-e-s par les huées des manifestants.

Devant l'ambassade d'Espagne

Photo: devant l'ambassade d'Espagne

A la nuit tombée, le cortège s'est mis en route vers la place du Luxembourg, toute proche où la manifestation s'est achevée vers 19h.

Le cortège s'ébranle à la nuit tombée          

Par René Begon
Date: 04/02/2014 à 16:12