En marge de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et de la Campagne du Ruban Blanc, des initiatives intéressantes méritent d'être signalées

  • Un nouveau site d'information sur la violence conjugale: www.violencesentrepartenaires.be

En collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté flamande, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) a lancé ce 25 novembre un nouveau site (bilingue) d'information et de prévention concernant la violence conjugale: www.violencesentrepartenaires.be

L'objectif du site, qui s'inscrit s’inscrit dans le cadre du plan d’action national de lutte contre la violence entre partenaires, est de mieux renseigner les victimes, auteurs et témoins de violences entre partenaires.

De présentation simple, spartiate même, le site est bien structuré et facile à consulter. Il contient beaucoup d'informations générales, mais aussi pratiques, sur la violence entre partenaires.

Une de ses originalités consiste à moduler son information en fonction des différents types de publics qui peuvent le visiter : d'un côté, les personnes que la violence conjugale touche directement et de l'autre, les professionnels que leur métier met en contact avec la violence entre partenaires.

Dans la première catégorie, le site s'adresse aux victimes, à leurs enfants, à leurs proches ou voisins et également aux auteurs de violence conjugale. Outre des pages d'information, le site leur apporte aussi des témoignages, des réponses à des questions courantes et des adresses où trouver de l'aide.

Dans le deuxième groupe, on trouve le secteur de la santé, la police, la justice, l'enseignement et la presse. Le site renvoie aux pages spécifiques des sites du SPF santé, de la police ou de la politique criminelle, mais donne aussi aux enseignants un répertoire des outils pédagogiques existants et des services d'animation spécialisés (parmi lesquels figure celui du CVFE).

  • A Liège, la deuxième édition d'un procès d'assises fictif concernant des faits de violence conjugale

Dans le cadre de la Campagne du Ruban Blanc, un deuxième procès d'assises fictif sera présenté le samedi 30 novembre 2013 à 13h00 au Palais de justice de Liège. Ce spectacle-débat est organisé à l'initiative du Plan de prévention de la ville de Liège et de l'Ordre des avocats, avec le soutien du Barreau, de la police, de la Province, de la Commission communale "Femmes et Ville", du CVFE et de Praxis.

La participation est gratuite, mais l'inscription préalable est indispensable au 04/238.50.50.

 

 

 

Par René Begon
Date: 25/11/2013 à 16:11

A l’approche du 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Fédération Wallonie-Bruxelles organise sa campagne annuelle de sensibilisation à la violence entre partenaires.

L’affiche de la campagne montre huit couples qui semblent bien s’entendre avec la question « Un de ces huit couples vit l’enfer de la violence conjugale. Lequel ? ». La réponse apparaît en bas de l’affiche : « On ne le saura pas si tout le monde se tait » accompagnée de ce commentaire « La violence conjugale, il ne faut pas en avoir honte. Parlons-en », avec le renvoi au n° de téléphone de la ligne

Ecoute violences conjugales : 0800 30 030

Le dépliant explique que tout le monde peut avoir une raison d’appeler la ligne d’urgence :

Affiche de la campagne 2013

  • les victimes de violence conjugale qui désirent assurer leur sécurité et celle de leurs enfants,
  • les auteurs qui voudraient savoir comment se faire aider,
  • les proches qui s’inquiètent pour les familles concernées,
  • les travailleurs sociaux confrontés à des situations de violence conjugale.

Un des messages de la campagne est :

Les violences conjugales peuvent toucher n'importe quel couple, dans n'importe quel milieu. Ce n'est ni une maladie, ni une fatalité.

C'est un cercle vicieux qu'il faut rompre.

On peut retrouver les informations sur la campagne 2013 sur le site « Huit couples » et voir le spot télé de la campagne ici.

La Campagne du Ruban Blanc

C’est un fait divers dramatique qui s’est déroulé le 6 décembre 1989 au Québec qui est à l’origine de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : ce jour-là, un forcené armé s’est introduit dans l’Ecole polytechnique de Montréal et a froidement abattu 14 étudiantes en hurlant « Je hais les féministes ».

Pour manifester leur rejet de la violence envers les femmes, des hommes québécois ont décidé de faire du 25 novembre une Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et de porter un Ruban blanc, symbole pacifique, à leur boutonnière entre le 25 novembre et le 6 décembre, date anniversaire de la tuerie de Montréal.

C’est la Campagne du Ruban blanc qui est devenue internationale.

Par René Begon
Date: 22/11/2013 à 16:58

Selon le Dictionnaire de la langue française, le sexisme est « une discrimination envers une personne en raison de son sexe ».

Les femmes sont les principales victimes du sexisme : quand les hommes les sifflent ou leur font des propositions dans la rue, quand les publicités montrent une poitrine de femme pour vanter les mérites d’un soutien-gorge, quand les patrons considèrent qu’elles ne sont pas assez costaudes pour faire un métier manuel, quand elles gagnent moins qu’un homme pour un même travail, quand on veut les renvoyer à leurs casseroles, quand on considère comme normal qu’elles fassent une deuxième journée de travail à la maison après leur journée professionnelle, etc.

Mais le sexisme, ce n’est pas toujours ailleurs et de la faute aux autres. Par exemple, le 19 octobre dernierLes Ginger devant la boulangerie, le groupe citoyen féministe Ginger est allé manifester sa désapprobation devant une boulangerie de Waremme qui refuse de prendre des apprenties féminines par peur d’exciter sexuellement les ouvriers boulangers.

Cependant, les hommes ne seraient pas non plus à l’abri du sexisme. Tout en réaffirmant que les femmes en sont beaucoup plus souvent victimes, l'Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) l'a souligné dans un communiqué par la voix de son directeur, à l’ occasion de la Journée internationale des hommes, qui a eu lieu le 18 novembre : « Même si les femmes sont plus fréquemment victimes de discriminations – généralement plus graves - fondées sur le sexe et subissent quotidiennement le sexisme qui les considère comme étant inférieures à un autre sexe, les hommes en sont également victimes», a expliqué Michel Pasteel, directeur de l’Institut.

Ainsi, des hommes subiraient des discriminations s’ils désirent accéder à des métiers dits « féminins » : « En 2012, l’Institut a reçu 32 plaintes d’hommes dans le domaine du travail, poursuit le communiqué de l’IEFH. Les exemples sont variés : un homme s’est vu refuser un poste de gérant dans une succursale de lingerie, un professeur s’est vu refuser de donner des cours particuliers à une fillette, une société de nettoyage ne souhaitait pas engager des hommes comme hommes de ménages, une boulangerie souhaiter uniquement recruter des vendeuses, un garçon n’a pu s’inscrire dans une école technique en section ‘esthétique’, etc. »

Il semblerait également que des hommes, désireux de s’impliquer davantage dans la vie de famille, qui demandent à « prendre leur congé de paternité ou parental sont confrontés à des discriminations allant des brimades des collègues, à la menace de licenciement, en passant par le refus de promotion ou l’accumulation du travail ».

Enfin Michel Pasteel souligne que les hommes sont également victime de violence conjugale : « La Journée internationale des hommes est aussi l’occasion de sensibiliser au fait que, même si les victimes masculines de violence sont moins nombreuses, seules 9,8% (contre 13,9% pour les femmes) osent déposer plainte , en raison du poids des stéréotypes dans notre société qui condamnent les hommes à être forts, dominants, et à souffrir en silence. »

Précisons néanmoins que 98% des victimes de violence conjugale sont des femmes.

Une questions que ne soulève pas l'Institut, mais qui a son intérêt, serait: qui sont les auteur-e-s des discriminations sexistes? Si, dans le cas des femmes, il paraît clair que ce sont presque toujours hommes, il n'est pas évident que l'inverse soit vrai, à savoir que ce serait les femmes qui auraient des comportements sexistes envers les hommes. Notamment dans les cas de refus de congé de paternité évoqués par l'Institut.

Légende: Le groupe Ginger manifestant devant la pharmacie

Par René Begon
Date: 19/11/2013 à 18:46

En ce début novembre 2013, cinq nouvelles analyses proposées par le CVFE sont consultables en ligne

  • SOFFT, organisme d’insertion socioprofessionnelle pour les femmes, tente une nouvelle expérience depuis 2012 : un module de 24 h d’accompagnement individuel pour des femmes qui veulent s’orienter rapidement vers un métier. Lire
  • La loi des étrangers de 1980, qui contient des dispositions concernant le regroupement familial des migrants, provoque-t-elle régulièrement l’expulsion du territoire de femmes migrantes ayant quitté un conjoint violent durant les trois (ou cinq) premières années de leur séjour, comme l’indique un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch ? Réponse du CVFE. Lire
  • Quel type de positionnement paraît le plus adapté pour un intervenant psychosocial dans le cadre d’entretiens en ambulatoire auprès des victimes de violences conjugales ? Amélioration ou statu quo: tout dépend du mode d'implication de l'intervenant. Lire
  • Seize milliards d'€ par an pour l’ensemble de l’Europe des 25 (avant 2007) : c'est le coût social et financier de la violence conjugale évalué par une étude financée par l’Union européenne (programme DAPHNE II 2006) . Lire
  • En matière d'estimation scientifique du coût de la violence conjugale, le Conseil (francophone belge) de l’égalité entre les femmes et les hommes souligne dans un avis le retard accumulé par la Belgique et fait des propositions concrètes. Lire

Nos précédentes analyses de l'année sont toujours en ligne :

  • Quels sont les différents types d'attachement affectif qui caractérisent les enfants exposés à la violence conjugale et comment intervenir au mieux dans ce type de situation ? Lire
  • Une réflexion sur les romans et films pour ados du style de Twilight. Ces contes de fées modernes défendent-ils des valeurs aussi moralisantes et conservatrices que leurs prédécesseurs du XVIIe siècle ? Lire
  • En novembre 2012, l’émission de morale laïque « La Pensée et les Hommes » (diffusée sur la RTBF) a franchi une ligne rouge en offrant une tribune complaisante à des discours masculinistes, ce qui a provoqué un tollé au sein du monde féministe. Retour sur un dérapage peu contrôlé… Lire
  • Quelques mois après l’entrée en vigueur de la loi du 15 mai 2012 sur l’« Interdiction temporaire de résidence en cas de violence domestique » (présentée en décembre 2012), deux intervenantes de terrain du CVFE l’analysent et en évaluent l’impact et les lacunes éventuelles. Lire

Bonne lecture !

Par René Begon
Date: 04/11/2013 à 11:17

Créé en janvier 2012 et repris ensuite en juin et en octobre de la même année, le spectacle théâtral « Qui a crié au loup ?» sera présenté en novembre 2013 au Centre culturel de Seraing par le Théâtre de la Renaissance. Ce spectacle de création collective issu de la collaboration entre le Collectif contre les Violences familiales et l'Exclusion (CVFE) et la Cie "Projet Adakia" aborde la question délicate des enfants exposés à la violence conjugale.

Affiche du spectacleSeule en scène, Ingrid Malavasi incarne une femme qui, à travers une série de flash-backs, revit des épisodes douloureux de son enfance où elle été confrontée, en permanence  et de manière inexplicable pour elle, à des scènes de violence au cours desquelles son père battait sa mère.

Mise en scène: Angélique Chartry et Sara Puma.

Spectacle accessible à partir de 15 ans.

La pièce  sera reprise du mardi 19 au vendredi 22 novembre au Centre culturel de Seraing (rue Renaud Strivay, 44 B-4100 Seraing).

Les représentations auront lieu le mardi 19 novembre à 14h00, le mercredi 20/11 à 20h00, le jeudi 21/11 à 11h00 et le vendredi 22/11 à 20h00.

Réservations obligatoires auprès du Théâtre de la Renaissance: 04/337.85.85.

Plus d'info

Par René Begon
Date: 30/10/2013 à 13:46