Le 25 novembre 2013, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, aura lieu à Namur un colloque consacré à la double violence ou double victimisation qui frappe régulièrement les femmes migrantes. On entend par là le fait que les migrantes peuvent être à la fois en butte à la violence intra-familiale et à la violence administrative, principalement à travers la perte du permis de séjour.

Organisé par la Direction générale Action sociale-Santé de la Région wallonne, en collaboration avec Caravane pour la Paix et la Solidarité, le Groupe pour l'Abolition des Mutilations sexuelles (GAMS) et les Femmes prévoyantes socialistes (FPS), Le colloque se déroulera  aux Moulins de Beez (rue des Moulins de Meuse, 4 à BEEZ) de 9 à 16h et sera suivi de l’inauguration de l’exposition « Vous ne pouvez pas rester comme ça, Madame ! ».

On trouvera ici le programme complet, ainsi que les renseignements concernant l'incription (gratuite, mais obligatoire).

Josiane Corruzi,  directrice de "Solidarité Femmes et Refuge pour femmes battues" de La Louvière, fera un exposé introductif sur "la violence faite aux femmes" (9h30) et deux intervenantes du CVFE, Bijou Banza Monga et Nadia Uwera, proposeront une intervention sur "Violences conjugales et regroupement familial: comment concilier sa sécurité et la sécurité du séjour sur le territoire?" (11h15).

Signalons que le CVFE a publié en 2009 une étude sur ce sujet: Sophie Kohler, Victimes de violences conjugales en situation précaire sur le territoire: une double violence Lire, ainsi que plusieurs articles (Consulter la section "Analyses" de notre onglet "Publications" et sélectionner le thème "Multiculturalité" dans le moteur de recherche).

Par René Begon
Date: 25/10/2013 à 12:52

La-le titulaire de la fonction rejoindra l’équipe "Accueil et Hébergement"  implantée dans une maison d’hébergement pour victimes de violences conjugales du CVFE.

Plus d'info

Adresser sa candidature complète (CV + lettre de motivation) par courriel à marjorieprevost [at] cvfe [dot] be avant le 8/11/2013

 

Par René Begon
Date: 11/10/2013 à 17:11

On peut dès à présent découvrir quatre nouvelles analyses proposées par le CVFE.

La première décrit les différents types d'attachement affectif qui caractérisent les enfants exposés à la violence conjugale et s'interroge sur la manière d'intervenir dans ce type de situation. Lire

L'analyse suivante est une réflexion sur les romans et films pour ados du style de Twilight. Ces contes de fées modernes défendent-ils des valeurs aussi moralisantes et conservatrices que leurs prédécesseurs du XVIIe siècle? Lire

En novembre 2012, l’émission de morale laïque « La Pensée et les Hommes » (diffusée sur la RTBF) a franchi une ligne rouge en offrant une tribune complaisante à des discours masculinistes, ce qui a provoqué un tollé au sein du monde féministe. Retour sur un dérapage peu contrôlé… Lire

Quelques mois après l’entrée en vigueur de la loi du 15 mai 2012 sur l’« Interdiction temporaire de résidence en cas de violence domestique » (présentée en décembre 2012), deux intervenantes de terrain du CVFE l’analysent et en évaluent l’impact et les lacunes éventuelles. Lire

Nous vous en souhaitons une intéressante lecture...

Par René Begon
Date: 16/09/2013 à 15:20

Selon les Nations Unies, 56 viols et 5 viols collectifs ont lieu chaque semaine en Belgique et seulement 4% des violeurs sont poursuivis. En 2011, les Parquets du pays ont dénombré 4083 viols, soit 11 par jour.

Le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB) et le Vrouwenraad soutiennent la pétition "Rise against rape" qui proteste contre les viols impunis et la faible priorité accordée à ces crimes par la police et le système judiciaire (un peu moins de 2000 signatures actuellement).

Le 31 août, une manifestation a eu lieu à Bruxelles pour soutenir Céline Camps, une des victimes de Taufik Ahaddouch qui a violé 13 jeunes filles dont 11 mineures et a déjà été condamné à 10 ans de prison en 2010 pour le viol de 9 jeunes filles. Son deuxième procès, pour le viol de 4 autres jeunes filles, a déjà été reporté deux fois. Céline est à la fois victime et témoin principal dans ce procès.

Dans leurs revendications, les trois organismes (Le Conseil des femmes francophones de Belgique, le Vrouwenraad et Fightback, qui regroupe des proches de Céline Camps) réclament "que les politiques menées en matière de Santé, de Justice et d’Affaires intérieures prennent en considération les points prioritaires concernant l’accueil, l’accompagnement et les droits des victimes de viol. Nous plaidons pour que, dans chaque arrondissement judiciaire, une cellule d’expertise en matière de mœurs soit instaurée avec des représentant-e-s du Parquet, de la Police locale et fédérale, des hôpitaux et des centres d’assistance. Une meilleure coordination entre ces trois acteurs politiques – l’Intérieur, la Santé publique et la Justice - et un accord sur une uniformité des méthodes de travail sont les conditions indispensables pour identifier l’auteur de viol-s et sa comparution rapide".

Par René Begon
Date: 16/09/2013 à 11:47

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la London School of Hygiene and Tropical Medicine et le Conseil sud-africain de la Recherche médicale ont publié en cette année 2013 le premier rapport mondial reprenant des statistiques globales sur deux formes de violences envers les femmes : la violence exercée par le partenaire intime et celle exercée par d’autres que le partenaire. Le rapport utilise des données de population du monde entier et se préoccupe également des conséquences de la violence sur la santé physique, sexuelle et mentale des femmes.

Les conclusions de ce rapport sont très alarmantes :

  • A l’échelle mondiale, 35 % des femmes ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de leur partenaire intime, ou des violences sexuelles exercées par d’autres que leur partenaire.
  • Presque un tiers (30 %) de toutes les femmes ayant eu une relation de couple ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de leur partenaire intime. Dans certaines régions, 38 % des femmes ont subi des violences de leur partenaire intime.
  • Dans le monde, pas moins de 38 % du total des meurtres de femmes sont commis par des partenaires intimes.
  • Plusieurs problèmes de santé importants se manifestent dans une proportion plus élevée chez les femmes ayant subi des sévices physiques ou sexuels de leur partenaire : le risque d’avoir un enfant de faible poids de naissance est majoré de 16 %, elles sont deux fois plus susceptibles de se faire avorter, ont presque deux fois plus de risques de connaître une dépression et, dans certaines régions, ont 1,5 fois plus de risques de contracter le VIH par rapport à des femmes qui n’ont pas subi de violences de leur partenaire.

Le rapport indique qu’il est nécessaire d’agir sur les causes des inégalités entre les femmes et les hommes : « Il faut agir sur les facteurs économiques et socioculturels qui entretiennent une culture de la violence à l’égard des femmes. Il importe notamment de remettre en cause les normes sociales qui appuient le contrôle et l’autorité exercés par les hommes sur les femmes et qui cautionnent ou tolèrent la violence à l’encontre des femmes  de réduire l’exposition des enfants à la violence  de réformer les dispositions discriminatoires du droit de la famille ; de renforcer les droits économiques et juridiques des femmes  et d’éliminer les inégalités entre sexes dans l’accès à l’emploi salarié formel et à l’enseignement secondaire ».

Le communiqué de l'OMS

La directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, considère que « la violence à l’encontre des femmes est un problème de santé publique d’ampleur épidémique ».

Dès lors, le rapport estime que « Le secteur de la santé doit jouer un rôle accru pour lutter contre la violence des partenaires intimes et la violence sexuelle à l’égard des femmes. Les nouvelles lignes directrices générales et cliniques de l’OMS sur l’action du secteur de la santé face à la violence à l’encontre des femmes soulignent qu’il est urgent d’intégrer les questions de violence à la formation clinique. Il est important que tous les agents de santé comprennent la relation entre l’exposition à la violence et les problèmes de santé des femmes et puissent y apporter une réponse adaptée ».

Le rapport (en anglais) et son résumé (en français)

Au niveau international, l'ONU se montre également préoccupée par la question de la violence envers les femmes : la 57e session de la Commission sur le statut de femme (CSW 57), qui s'est tenue à New York du 4 au 15 mars derniers sur le thème "Elimination et prévention de toute forme de violence envers les femmes et les filles" a prévu d'inscrire la lutte contre les violences de genre dans le prochain agenda des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), qui doit débuter en 2015. Pour la directrice exécutive adjointe d'ONU Femmes, Lakshmi Puri, "mettre un terme à cette violence <envers les femmes> doit être une priorité claire pour le cadre de dévelopement post-2015. A la fois dans un but d'égalité des sexes, en soi, mais aussi en tant que priorité à l'égard du maintien de la paix et de la sécurité internationale".

Un article des Nouvelles News

Les conclusions de la 57e session de la Commission sur le statut de la femme de l'ONU (en anglais)

Par René Begon
Date: 13/09/2013 à 15:55