visite Isabelle SimonisEn visite au CVFE à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la Ministre des Droits des Femmes, Isabelle Simonis, a écouté attentivement les témoignages des Batelières de l’Espoir, un groupe d'éducation permanente qui réunit des femmes concernées. Plusieurs ont évoqué leurs parcours de combattantes pour sortir de la violence qui a déferlé sur elles dans le secret du privé.

G. "Je suis pensionnée, j’ai subi des violences pendant des années. J'ai élevé mes enfants et maintenant je vis seule. J’ai peu de moyens, c’était difficile pour moi de sortir de l’isolement et de donner un but à ma vie. Aujourd’hui, je participe à toutes les réunions des Batelières de l’Espoir, au CVFE. Nous discutons, nous menons des actions pour sensibiliser d’autres femmes, nous sommes plus fortes ensemble. Il faut combattre les violences conjugales sans répit."

H. "J’ai été enfermée pendant plusieurs années. Emmenée à l’hôpital suite à des violences graves, j’ai quitté mon conjoint et je me suis retrouvée sans droit avec ma fille de 6 ans. Il avait gardé mes papiers sans faire aucune démarche. Sans ressource, j’ai beaucoup souffert et j’ai souffert en tant que maman. Sans rien, comment aider son enfant ? Des personnes avec du cœur m’ont soutenue, et j’ai trouvé le Refuge de Liège. J’ai rencontré beaucoup de difficultés administratives, mes démarches ont duré des mois, plusieurs années … Aujourd’hui, j’ai un logement, les allocations familiales, je travaille. Je fais partie des Batelières de l’Espoir. Je viens souvent; le Refuge, c’est comme ma famille."

I. "Après les violences et le séjour au Refuge, je me suis installée seule et j’ai voulu travailler. J’ai suivi une formation, j’ai trouvé un emploi. Mais les violences conjugales m’avaient beaucoup fragilisée. Dans certaines situations professionnelles, je m’écroulais. J’ai rencontré un autre homme. Il a été également violent avec moi. Je l’ai quitté. Je voudrais encore me former pour me renforcer et trouver un emploi. Je n’ai plus droit à des formations. Je m’implique avec le groupe des Batelières de l’Espoir. Cela me donne de la force et je peux parler sans honte et sans crainte de ce que j’ai vécu."

Double violence pour les victimes migrantes

Les responsables de l'asbl ont souligné la très grande précarité dans laquelle se retrouvent les femmes migrantes, victimes de violences conjugales, en grande dépendance vis-à-vis de leur conjoint.  Souvent, elles n’ont pas de choix réel entre subir les violences au péril de leur vie ou perdre tous leurs droits. On parle à leur sujet de double violence. Sans ressource, sans papier, les femmes migrantes en danger n’ont pas accès aux maisons d’accueil sauf de rares exceptions telles que le Refuge. Elles sont brutalement désillusionnées à propos de l’Europe qui n’est pas la terre de liberté et d’égalité pour les femmes qu’elles imaginaient.

La violence existe dans tous les milieux 

La Ministre a déclaré que la violence existe dans tous les milieux et que cela montre la persistance des inégalités dans nos sociétés.  La violence machiste vise toutes les femmes et elle doit être dénoncée et combattue fermement. La Ministre a dégagé un budget spécifique dédié à la lutte contre ces violences. Elle a décidé de financer une ligne gratuite SOS Viol, qui n’existait pas encore malgré l’importance avérée du nombre de viols en Belgique. Elle a également expliqué sa politique de consultation des femmes via l’assemblée participative Alter Egales, dans laquelle s’impliquent nombre d’associations féministes et associations de femmes. La Ministre compte déposer prochainement un projet de Décret-cadre visant à agréer les opérateurs privés spécialisés relevant des compétences communautaires en matière de lutte contre les violences intrafamiliales.

Les moyens pour protéger et soutenir les victimes sont trop précaires.

Les membres du personnel ont expliqué comment fonctionnent les différents services mis en place par le CVFE : l’hébergement, bien sûr, en urgence et avec les enfants, et les services hors hébergement (consultations juridiques et psychosociales), l’aide au relogement, les activités de soutien post hébergement, les formations professionnelles, la crèche de quartier, à quoi il faut ajouter la sensibilisation et la formation des professionnels de première ligne et les activités d’éducation permanente…

Un éducateur a souligné l’importance du travail mené avec chaque enfant hébergé. Des spécialistes comparent les vécus des enfants exposés aux violences conjugales à des traumatismes de guerre. Le financement de l’accompagnement des enfants au Refuge est menacé par la sixième réforme de l’Etat.

Les gestionnaires ont évoqué la précarité générale des financements de l’asbl. Les maintenir exige un travail inouï pour pouvoir assurer la protection des femmes et les soutenir dans leur reconstruction.

Sur le plan politique, ça bouge!

Le 25 novembre, rappelons-le encore, c’est la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. A cette occasion, les trois Ministres francophones de l’Egalité des Chances ont lancé une grande campagne de sensibilisation. Cette campagne annuelle fait partie d’un Plan de lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales coordonné au niveau intrafrancophone. Il existe aussi un Plan au niveau fédéral belge. Enfin, la Belgique a signé en 2016 la Convention d’Istanbul, un traité historique au niveau européen qui ouvre la voie à un cadre juridique pour protéger les femmes contre toutes les formes de violences et contre la violence domestique.

Par Anne Delepine
Date: 26/11/2016 à 12:01

oranger le mondePour marquer la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes le 25 novembre, l'ONU  invite à oranger le monde. La date du 25 novembre remet en mémoire le jour de l'assassinat en 1960 des trois sœurs Mirabal, militantes politiques de République dominicaine (Saint-Domingue).

La couleur orange ayant été choisie comme emblème, partout dans le monde, des bâtiments publics sont illuminés en orange pendant la période de la campagne qui proclame que les violences contre les femmes sont des violations des droits de l’homme. Les violences et les inégalités perdurent et font obstacle aux droits des femmes : droit à l'éducation, à la santé, à une vie digne, à la paix, à la sécurité.Palais de la Paix

Au niveau mondial, les violences envers les femmes constituent un immense fléau qui prend plusieurs formes : violences physiques, sexuelles, psychologiques, viols, traite des êtres humains, exploitation sexuelle, mutilations génitales, mariages forcés, mariages d’enfants…

La campagne se déroule du 25 novembre jusqu'au 10 décembre, qui est la Journée des Droits de l'homme . Durant cette période aussi, le 6 décembre commémore le massacre de 14 étudiantes, qui a été commis par un masculiniste armé d'un fusil mitrailleur en 1989 à l'Ecole Polytechnique de l'Université de Montréal. Cet événement dramatique a déclenché la campagne du rubanc blancLe Ruban blanc

L'homme qui porte le ruban blanc veut exprimer qu'il condamne la violence masculine à l'égard des femmes et s'engage à la dénoncer au cas où il en serait témoin. Province et Ville de Liège se mobilisent chaque année pour la campagne du ruban blanc Plus d'info.

Précarité et violences économiques

Enfin, on n’insistera jamais assez sur le fait que les femmes sont systématiquement les premières victimes de toutes les crises, notamment économiques, et des politiques d’austérité qui leur succèdent. Les violences économiques envers les femmes sont aussi le fait des Gouvernements qui ne leur assurent pas une protection sociale suffisante ni l'accès à des emplois convenables. Pauvreté pour elles et pour leurs enfants, précarité sociale, discriminations professionnelles et de genre, mal-logement constituent le quotidien de nombreuses femmes. Plusieurs de nos analyses d'éducation permanente publiées en 2016 font le lien entre les poltiques néolibérales, la  précarité et les violences envers les femmes:

Femmes et précarité en contexte néolibéral

Précarité dans la relation conjugale

Grèves, médias et politiques d'austérité, reparler de tout ce qui précarise les femmes

2016, année du sexisme triomphant

ONU-femmes témoigne du fait que la violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant.

La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf
La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf

 

La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf

 

 

Par Anne Delepine
Date: 24/11/2016 à 12:56

Affiche campagneEn prélude à la journée du 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les Ministres francophones chargées de l’Egalité des Chances, Isabelle Simonis (FWB), Céline Frémault (Cocof) et Dorothée Klein, représentant le Ministre Maxime Prévot (RW) ont organisé ce lundi 21 novembre à Bruxelles une conférence de presse annonçant le lancement de la campagne annuelle de sensibilisation relative à la lutte contre les violences conjugales

Sensibiliser à la réalité des violences conjugales

Le Journal de Marie nous livre les pensées quotidiennes d’une victime, Marie. Elle confie à son journal intime ses émotions, ses questionnements, son ressenti face aux événements du quotidien déclenchés par les comportements violents de son compagnon, Fred. Soumise à une tension permanente et à des explosions imprévisibles, elle ressent un malaise qui s’exprime par de la culpabilité et l’idée fausse que c’est elle qui provoque ce qui se passe. Paroles dénigrantes, bris d’objets, gestes menaçants, mécontentement perpétuel exprimé par Fred persistent malgré les tentatives de Marie qui cherche en vain comment se comporter de façon plus adéquate. Fred contrôle les faits et gestes de sa compagne, l’isole du monde extérieur et fait intrusion dans son intimité, jusqu’à détruire le fameux journal. A la fin, Marie décide de se séparer de Fred.

Le journal de Marie se lit sur le site internet de la campagne.

En 2011 et en 2012, les personnages de Fred et Marie avaient pris vie dans des spots de sensibilisation qui ont rencontré un grand succès, puisqu’ils ont été visionnés deux millions de fois sur YouTube et ont inspiré des campagnes similaires à l’étranger.

Il est important d’expliquer ce qu’est la violence conjugale. La diffusion de ces spots y contribue. Le message principal est que rien ne justifie la violence conjugale. Les femmes doivent savoir qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent recevoir de l’aide, des conseils, une écoute.

Apporter des réponses adaptées aux demandes d'aide

La campagne diffuse le numéro de la Ligne d’écoute Violences Conjugales : 0800 30.030. Cette ligne est gratuite, elle s’adresse aux victimes, aux auteurs de violence, aux professionnels, à l’entourage. Ces deux actions -sensibilisation et ligne d’écoute- font partie du Plan d’action Intrafrancophone de lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales que les pouvoirs publics se sont engagés à réaliser pendant la législature 2014-2019. La ligne téléphonique est accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h. Ce n’est pas une ligne d’urgence. Ce service constitue un des premiers maillons de la chaîne d’intervention en matière de violences entre partenaires.

Ce sont en grande majorité des femmes victimes de violences qui y ont recours. Lors des campagnes de sensibilisation, le nombre d’appels augmente fortement. Cela démontre l’impact positif des actions de sensibilisation et l’importance de les mener régulièrement, pour que les victimes sortent du silence. Mais cela souligne aussi la nécessité impérieuse d’apporter des réponses adéquates, permanentes, adaptées, accessibles, coordonnées et en nombre suffisant en parallèle à ces campagnes, pour que les victimes qui prennent le risque de dévoiler les violences qu'elles subissent ne se heurtent plus à des portes fermées.

Ce sont les associations spécialisées qui assurent une part essentielle des services d’aide : Ligne d’écoute, Maisons d’hébergement, Centres d’accompagnement et de consultations psychosociales et juridiques, formation des professionnels de premières lignes, groupes d’entraide et d’éducation permanente pour les femmes, groupes de responsabilisation pour les auteurs de violences conjugales, etc. sont portés par des associations subsidiées.

Les trois Ministres de l’Egalité des Chances ont déclaré que la pérennisation des moyens et la reconnaissance des associations spécialisées dans la lutte contre les violences conjugales font partie de leurs priorités. Les trois Ministres ont pris des engagements à ce sujet en lien avec leurs compétences respectives.

Deux périodes de diffusion de la campagne

La campagne de sensibilisation se déroule du 21 novembre au 4 décembre, le 25 novembre étant la date anniversaire de l’assassinat des trois sœurs Mirabal, militantes politiques en République dominicaine. Une seconde période de diffusion est prévue du 6 mars au 12 mars 2017, le 8 mars étant la journée internationale des droits des femmes.

Outre le site internet, un spot vidéo qui sera diffusé sur les chaines de télévision et des spots audio qui seront diffusés à la radio, la campagne de sensibilisation met à disposition des organisations et du public des affiches, des badges, des cartes de visites à distribuer le plus largement possible…

Par Anne Delepine
Date: 21/11/2016 à 20:52

Les Batelières de l'espoir vous invitent à visiter l’exposition et participer avec elles à une rencontre, où l’espoir  a toute sa place, sur le thème : comment sortir de l’enfer des violences conjugales et intrafamiliales.

Plus d'informations dans l'invitation ci-dessous

Par Mélissa Vicenzot
Date: 18/11/2016 à 10:21

Le CVFE partage l'analyse des FPS et de Vie féminine concernant l'impact négatif sur les femmes de la récente Déclaration de politique générale du gouvernement

"Les femmes représentent la moitié de la population soit une personne sur deux. Mais une fois de plus, nous représentons aussi la moitié dérisoire sur laquelle le gouvernement Michel a décidé de faire peser une Affiche FPSbonne partie de ses mesures d’austérité. Car si nous avons pu croire un moment que les femmes étaient juste les victimes collatérales d’une politique d’économie généralisée, force est de constater que nous sommes belles et bien des cibles de choix."

Lire le communiqué commun Vie Féminine-FPS

Par René Begon
Date: 20/10/2016 à 10:38