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Auteur: 
Roger Herla, avec Pierre-Nicolas Bourcier et Sandrine Bodson
Date de publication: 
04/2018

Dans les débats ayant entouré les mouvements #Metoo et #balancetonporc, des voix très diverses se sont inquiétées ou offusquées qu’une telle prise de parole collective renvoie l’image de femmes « éternelles victimes » , toujours fragiles, faibles, incapables de se défendre et « traumatisables ». Comme si le fait de dénoncer enfin des actes de violences subis, de se reconnaître et de se faire connaître en victimes ne constituait pas un moyen de reprendre du pouvoir mais plutôt, paradoxalement, un risque de réduire les femmes (la femme ?) à cette posture soi-disant « passive » et « irresponsable » des victimes (de la victime ?).

Dans la lignée de textes précédents consacrés aux typologies et aux profils-types en tant qu’étiquettes, nous nous intéresserons dans cette analyse au mot « victime » et à ses effets possibles sur les réalités qu’il tente de décrire.