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Le consentement : Vers une pratique libre et éclairée ?

Avec le mouvement #metoo, les femmes ont exprimé leur ras le bol de la banalisation des violences sexuelles dont elles sont victimes. Peu après, est apparu sous les feux des projecteurs le concept de consentement dont le but est de prévenir ce type de violences à partir de l’énonciation claire de nos envies et limites. Avec cette étude, nous désirons contribuer à une définition élargie du consentement, qui puisse prendre en compte le contexte patriarcal dans lequel nous nous trouvons. Pour qu’il devienne un nouvel outil de lutte, effectif à tous les échelons de notre société baignée par la culture du viol et la domination masculine.

Pour télécharger cette étude

 

Introduction

Une réflexion autour du concept de consentement s’est fortement développée au lendemain de la vague de protestations qu’a constitué le phénomène #MeToo. Celui-ci, né au moment de l’affaire Weinstein, a conduit de nombreuses femmes à dénoncer les violences sexuelles qu’elles vivent au quotidien et leur banalisation.

Les réactions vives de certaines femmes réclamant leur « droit d’être importunée » et de nombreux hommes scandant le hashtag « Not All Men » sont une indication du caractère controversé et idéologique de la problématique.

La visée de cette étude est de décortiquer le contexte idéologique dans lequel s’insèrent les violences sexuelles – c-à-d une société normée et oppressive – et de voir de quelle manière le consentement peut constituer un outil d’aide à une configuration autre de nos habitudes sexuelles, plus émancipatrice.

Le consentement s’assimile selon nous à une prise de conscience et à une verbalisation de nos réelles envies et limites dans nos relations sexuelles. Ce qui signifie une déconstruction préalable des injonctions sociales, des codes que l’on a appris, qui découlent de l’imbrication de différents rapports de pouvoir (liés au genre, à l’hétérosexualité, à l’âge,…).

Pour décortiquer cette problématique, nous proposons un plan avec la structure suivante :

La première partie de l’étude se consacrera à démêler et déconstruire les normes qui régissent nos sexualités. Nous nous axerons sur la déconstruction des normes qui nous semblent avoir le plus d’impact dans l’explication des violences sexuelles, c’est-à-dire les normes de genre, l’hétérosexualité obligatoire et la contrainte sexuelle des femmes. Une attention particulière sera portée sur le caractère intersectionnel1 de la problématique sans que nous puissions néanmoins le développer dans toute sa complexité.2

La seconde et la troisième partie traiteront du degré d’influence de ces normes sur nos comportements et de la faisabilité de s’en émanciper, cette discussion étant nécessaire pour juger de la pertinence de l’utilisation d’un outil comme celui du consentement.

Dans la quatrième partie, nous nous pencherons sur ce que signifie pratiquer le consentement, - concrètement -, dans nos rapports sexuels interindividuels et verrons également comment ce concept peut être mobilisé dans un contexte plus macro : celui de lutte contre le phénomène systémique des violences sexuelles.

Enfin, dans la cinquième et dernière partie, nous réfléchirons à la pertinence d’utiliser le consentement dans d’autres sphères que la sphère sexuelle, afin de déjouer les rapports de force dans tout type de contexte.

Pour mener à bien notre projet, nous avons interviewé six personnes : Chloé, Zahar, Clara, Damien, Raphaël et Sébastien3, trois femmes et trois hommes (ou du moins socialisées comme tel·les), qui ont nourri une réflexion avancée autour du concept de consentement et des normes sexuelles. La diversité de leur profil se situe principalement dans leur genre, puisque celui-ci constitue la grille de lecture principale de cette étude. En dehors de cela, ces personnes appartiennent pour beaucoup à la norme dominante : elles sont blanches, cis-hétéro pour la plupart, dans la trentaine, valides, issues de classes sociales favorisées, etc. Leurs témoignages alimenteront principalement la section sur l’élaboration d’une pratique du consentement mais également celle développant le caractère construit de nos sexualités et des rôles que l’on endosse en tant qu’être sexuels, ou du moins sexualisés.

Leurs paroles seront relatées dans un format spécifique : en italique avec un décalage d’un centimètre, afin de les distancier du texte principal.

 

Pour lire la suite de cette étude

 


Pour citer cette étude :

Sandra Roubin, Le consentement : Vers une pratique libre et éclairée ? ", Collectif contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE asbl), décembre 2019. URL : https://www.cvfe.be/images/blog/analyses-etudes/Etudes/EP2019-Etude3-Le_consentement_Vers_une_pratique_libre_et_eclairee-SR.pdf

Contact :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 0471 60 29 70

Avec le soutien du Service de l’Education permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie.


Notes :

1 De nombreuses autres normes interagissent en effet avec les normes sexuelles : les normes liées à l’âge, la classe, la race, la cisnormativité, etc.

2 Nous comptons développer dans un prochain écrit cet autre pan que constitue l’intersectionnalité des violences sexuelles et de la pratique du consentement.

3 Leurs prénoms ont été modifiés afin d’assurer leur anonymat.

 

 

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