04/223.45.67 |  Ligne d'écoute et d'urgence CVFE (24/7) 0800/30.030 |  Ligne d'Ecoute violence conjugale (24/7)

Publications
en Éducation Permanente

Si les écoféminismes m’étaient contés…

Les questionnements écoféministes ne sont pas nouveaux. Néanmoins, ils sont revenus au devant de la scène avec la forte médiatisation des mouvements antinucléaires et altermondialistes, et aujourd’hui avec la crise climatique. Notre intuition est que ces phénomènes écologiques et économiques et la lutte féministe ont un ennemi commun à combattre : le capitalisme et son avatar, la société néolibérale. Pour affiner cette intuition, nous souhaitons ici aborder les ÉCOFÉMINISMES qui nous paraissent une bonne toile de fond pour tisser des réflexions sur ce qui unit les Femmes et la Nature.

Dans cette optique, nous sommes allé.e.s à la rencontre d’Anne Borlée, conteuse à la voix puissante, et de sa « conférence exploratoire » Les Tisseuses d’obscur. Notre intérêt pour les liens qu’Anne tisse entre ces écoféminismes multifacettes et le massacre des Sorcières nous a donné envie d’aller puiser à la source d’autres réponses à nos questionnements.

 

 Zehra Dogan DORSIN legende

 

Note préliminaire : l’œuvre "DORŞÎN" est de Zehra Doğan, et fut réalisée par l’artiste dans la prison de Mardin en 2016. Zehra Doğan est une artiste, journaliste et auteure kurde. Elle est la rédactrice de Jinha, une agence d'information féministe kurde, dont la rédaction est entièrement composée de femmes. En 2017, elle est emprisonnée pour avoir réalisé et diffusé un dessin numérique représentant la destruction de la ville de Nusaybin en 2016.

 

 

 Introduction

Les questionnements écoféministes ne sont pas nouveaux. Néanmoins, ils sont revenus au devant de la scène avec, dans les années 90, la forte médiatisation des mouvements antinucléaires et altermondialistes, notamment à Seattle en 1999, et aujourd’hui avec la crise climatique qui n’est pas un phénomène nouveau (l’effet de serre et le changement climatique créés par l’activité humaine sont dénoncés depuis plus de 30 ans, et le GIEC[3] est né en 1988 pour suivre leur évolution), mais dont l’urgence des solutions à y apporter nous préoccupe tout particulièrement aujourd’hui. La publication française de certains textes écoféministes rassemblés par Émilie Hache dans l’ouvrage Reclaim[4] a également fortement porté leur écho.

Notre intuition est que l’urgence climatique et la lutte féministe ont un ennemi commun à combattre : le capitalisme et son avatar, la société néolibérale, qui creusent des inégalités profondes entre le Nord et le Sud, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, pour faire dans le gros trait. Pour affiner cette intuition, nous souhaitons ici aborder les ÉCOFÉMINISMES qui nous paraissent une bonne toile de fond pour tisser des réflexions sur ce qui unit les Femmes et la Nature.

Nous sommes allé.e.s à la rencontre d’Anne Borlée, conteuse à la voix puissante, que nous avions écoutée lors d’une Conférence exploratoire, Les Tisseuses d’obscur, qui aura emporté le public de nos ateliers sur les rivages de ce continent écoféministe à découvrir. Notre intérêt pour les liens qu’Anne tisse entre ce mouvement multifacettes, qui fait de plus en plus parler de lui, et le massacre des Sorcières, page extrêmement sombre de notre Histoire et qui reste assez méconnue de la plupart, nous a donné envie d’aller puiser à la source d’autres réponses à nos questionnements.

Nous n’avons pas souhaité à proprement parler rencontrer une « théoricienne des écoféminismes ». Il nous a semblé pertinent, pour aborder les questionnements que ceux-ci soulèvent, d’aller à la rencontre d’une praticienne, une conteuse en l’occurrence, qui n’en parle pas moins en pesant chaque mot. L’apanage d’une jeune femme qui sait la résonance que recèle chacun d’eux. Nous aborderons donc également la question de l’art du conte, de l’oralité, des traditions orales, anciennes, de leurs racines ancestrales qui nous plongeront dans la terre, son corps et sa sensorialité. Matière fertile aux réflexions brûlantes de notre époque : comment militer autrement pour notre Terre, pour ses enfants ? Pour dissoudre les clivages mortifères entre le Féminin et le Masculin, le Corps et l’Esprit, la Terre et le Profit.

Afin de ne pas trahir une parole chargée de recherches et de sens, nous retranscrivons fidèlement ici notre entretien avec Anne Borlée et l’entrecoupons de quelques réflexions pour aller plus loin dans certains aspects que recèlent les écoféminismes, et pour enrichir les questionnements qui nous animent au sein du Collectif CVFE dans notre quête d’émancipation pour toutes et tous !

Anne Borlée 

Je m'appelle Anne et je suis conteuse. Je suis dans la famille des artistes, on va dire. Mais les conteuses et les conteurs, c’est un peu particulier, parce que le conte c’est à la fois un art très ancien, et qui à la fois n'existe plus et donc se réinvente…

(...)

 pour lire la suite 


Table des matières

Introduction  page2

Anne Borlée   page3

L’oralité    page4

De la « conférence exploratoire »…  Comment l'écoféminisme peut apparaître dans l’imaginaire du conte     page4

Baba Yaga et les sorcières. Le Féminin et la gynophobie dans le sacré.     page4

« Et si la magie vivifiante de nos sens avait été capturée par les mots écrits ? » et par la société capitaliste… ?   page8

Sorcières de chevet. « Ouvrir des espaces de pensée »    page8 

Starhawk et Rêver l’obscur     page9

En Occident, on nous a fort coupé.e.s de la sensorialité liée à la terre. Du Massacre des sorcières & de l’origine de l’exploitation des femmes           page11

Cette reconnexion à la terre est-elle possible à travers l’habitat ou la pratique du conte ?     page14

Revenir à la sensorialité     page17

Comment on laisse venir la vision      page18

La prophétie     page19

Cette reconnexion concernerait-elle plus les femmes ?    page19

Comment dès lors trouver du sens ?     page23

« si je ne suis pas passée par la justesse émotionnelle et sensorielle, elle est quoi, ma parole ? »  Du rituel     page23

« Par la pratique de la démocratie directe, nous pouvons développer des formes et des modèles qui marquent

un véritable contraste avec ceux de la hiérarchie et de la domination. »     page27 

Quelle vision Anne a-t-elle de demain ?     page29 

Conclusion       page32

 


Pour citer cette analyse :

Cindy Pahaut, " Si les écoféminismes m’étaient contés… Rencontre avec Anne Borlée & les Tisseuses d’obscur ", Collectif contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE asbl), décembre 2019. URL : https://www.cvfe.be/publications/analyses/303-si-les-ecofeminismes-m-etaient-contes

Contact :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 0471 60 29 70

Avec le soutien du Service de l’Education permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie.


 

Notes de bas de page

[1] Le Groupe d’experts Intergouvenemental sur l’Evolution du Climat « a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au réchauffement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. », in https://archive.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml

[2] É. HACHE, Reclaim. Recueil de textes écoféministes, Paris, Éditions Cambourakis, 2016.

[3] Le Groupe d’experts Intergouvenemental sur l’Evolution du Climat « a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au réchauffement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. », in https://archive.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml

[4] É. HACHE, Reclaim. Recueil de textes écoféministes, Paris, Éditions Cambourakis, 2016.Notes de bas de page

Nous contacter

Siège social du CVFE
Rue Maghin, 11 4000 Liège

Tél. : 04.221.60.69
(du lundi au vendredi de 9h à 12h)
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Prendre contact

Copyright © 2019 - CVFE - Un site créé par Zzam