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Les trajets de réinsertion pour femmes malades et sans emploi : une approche féministe de l'intersection entre femmes, travail, handicap et maladie

Au travers de la réforme de l’incapacité de travail de 2014, voici une analyse qui propose de partir à la découverte des situations de femmes qui un jour, suite à un accident ou par le biais d’une maladie, n’ont plus été aptes à travailler. Pour comprendre comment leurs histoires, situées à l’intersection entre leur genre, le travail, le handicap et/ou la maladie, éclairent des politiques d’activation très souvent mal vécues par le public auquel elles s’adressent. Pour aborder la question du validisme et la façon dont il touche les femmes, de leurs corps à leurs droits sociaux en passant par leur accès à l’emploi, à la vie sociale et culturelle. Et pour réfléchir à des pistes visant à lever la double peine qui est actuellement celle des femmes malades et/ou en situation de handicap.

 Analyse Femmes maladie handicap et réinsertion DD

La columna rota, Frida Kahlo

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« Tout ça, c’est une vaste blague, non ? Vous êtes assise, là, (…) en face d’un homme qui est malade, qui cherche un travail qui n’existe pas et que de toute façon il ne fera pas. Je perds mon temps. Les employeurs, idem. Vous, idem. Tout cela est totalement humiliant. Ça me détruit. Ou alors, c’est le but. Faire disparaître mon nom de vos ordis. Et moi, j’en ai ras-le-bol, j’arrête les frais. (…) Quand c’est votre dignité que vous êtes en train de perdre, vous êtes foutu. »

                                                                                                              « Moi, Daniel Blake », Ken Loach (GB, 2016)

Introduction

Le passage de l’Etat-providence à l’Etat social actif[1] mène progressivement à des réformes de la sécurité sociale, généralement opaques pour le public mais qui le touchent de plein fouet. Si certaines réformes ont connu médiatisation et opposition vive[2], ce n'est pas le cas pour celle de l’incapacité de travail, qui a fait l’objet de critiques mais a connu peu de réactions populaires. Elle a donné naissance aux trajets de réintégration et de réinsertion. Si elle semble partir de bonnes intentions, en pratique, elle peut avoir de lourds effets sur le public. Parmi ce dernier, il y a ces femmes sans emploi en incapacité de travail[3] ou en invalidité[4] accompagnées par le département formations du CVFE, SOFFT[5]. Ces femmes partagent avec les formatrices leur vécu douloureux, à l’origine de cette analyse.

Convocations répétitives à des entretiens humiliants, injonctions à prendre sur soi, psychologisation de leurs états de santé physique, négation ou minimisation de leurs troubles de la santé mentale, suspicion, menaces de sanctions, au travers de leurs témoignages, nous tenterons de répondre à cette question : les trajets de réinsertion constituent-ils réellement un progrès pour la société et les femmes en incapacité ou en invalidité, ou s’agit-il d’un enfer pavé de bonnes intentions ?

 

Les trajets de réintégration et de réinsertion

En 2014, Maggie De Block, Ministre de la santé, s’allie à Chris Peters, alors Ministre de l’Emploi, pour rédiger deux arrêtés royaux. Le premier modifie l’application de la loi du 28/5/2003 sur la surveillance des malades en incapacité de travail, donnant ainsi naissance aux trajets de réintégration. Le second, quant à lui, modifie la loi du 14/7/1994 sur l’incapacité de travail, conduisant à l‘instauration des trajets de réinsertion. Les missions des médecins-conseils sont modifiées[6].

Le trajet de réintégration[7] concerne les personnes sous contrat de travail et en incapacité. Il consiste en une collaboration entre la personne concernée, le ou la médecin-conseil, le service de médecine du travail[8] et l’employeur.euse. Son objectif est d’envisager le retour au travail de l’employé.e et les aménagements nécessaires à mettre en place par l’employeur.euse. Mais si la mesure peut favoriser la communication sur les aménagements utiles à la réintégration[9], il arrive régulièrement que l’employeur.euse se déclare dans l’impossibilité de les proposer. Il se peut aussi que ce soit le.la travailleur.euse qui ne puisse envisager la reprise de son poste[10]. Dans ces deux derniers cas, la médecine du travail peut rompre le contrat pour cas de force majeure sans indemnité[11].

Le trajet de réinsertion[12], quant à lui, concerne les personnes qui n’ont pas ou plus de contrat de travail[13] et a pour objectif de permettre leur reconversion professionnelle. Le trajet permet, par exemple, une reprise d’études, de tester des métiers via un stage[14] ou d’être accompagné.e dans la définition d’un nouveau projet par, par exemple, le Forem, l‘AVIQ[15] ou un CISP[16], comme SOFFT[17], par exemple. En outre, en cas de refus de participer aux trajets, l’employé.e comme l'employeur.euse risque des sanctions[18]. Or, les mutualités reçoivent un incitant financier pour démarrer les trajets[19]. Si les trajets étaient, à l’origine pensés pour des personnes en maladie de longue durée, ils peuvent aujourd’hui débuter dès le deuxième mois d’incapacité.

Malgré différents contacts avec diverses institutions concernées par la réforme, nous n’avons malheureusement pas pu obtenir de statistiques suffisamment parlantes pour être exploitées dans cette analyse, ce qui nous conduit à un travail plus qualitatif que quantitatif. Toutefois, de telles statistiques concernant le genre, la tranche d’âge, la profession des personnes concernées auraient pu nous apporter un éclairage intéressant[20].

Le rôle des médecins-conseils se voit grandement modifié par la réforme. Elleux qui évaluent la capacité d’un.e patient.e à reprendre le travail ont également un rôle de conseil et d’accompagnement[21]. Lors de rencontres, les médecins-conseils peuvent maintenir ou mettre fin à l’incapacité, ce qui constitue un pouvoir d’influence très important sur la vie des personnes concernées. Ils.elles peuvent aussi, aujourd’hui, décider de faire entrer le.la patiente dans un de ces trajets. Aujourd’hui, nombre de patient.e.s rapportent craindre les rendez-vous et se sentir de plus en plus souvent uniquement contrôlé.e.s, voire harcelé.e.s.

Le législateur a voulu mettre les employeurs.euses face à leurs responsabilités en imposant le trajet de réintégration mais conduit-il réellement aux résultats escomptés ? Et les trajets de réinsertion, sont-ils bénéfiques pour la personne malade ?  


Entre idéalisation et critiques

La réforme a été défendue dans les médias[22] par la Ministre De Block. Le Ministère de l’Emploi, du travail et de la concertation sociale a décrit la mesure comme un coup de pouce[23] qui viendrait répondre au coût important que constitueraient l’incapacité de travail et l’invalidité pour « l’employeur, la sécurité sociale et pour la société », mais aussi « pour le travailleur »[24]. Aux yeux des représentant.e.s des employeurs.euses, la réforme est justifiée car l’incapacité  « est aussi un coût important pour l’employeur »[25]. De la part des pouvoirs publics et des représentant.e.s patronaux.ales, la mesure est présentée comme positive[26] et comme contribuant à l’égalité des chances et à la non-discrimination des personnes malades et/ou en situation de handicap[27]. Ces derniers objectifs sont effectivement fort louables mais qu’en est-il des effets pervers ?

Les critiques émises au moment de la réforme de l’incapacité de travail ont généralement concerné les trajets de réintégration et non de réinsertion. Les syndicats ont parlé d’une « machine à licencier »[28][29] tant les trajets accéléreraient les licenciements. En effet, en accélérant les procédures, l’employeur.euse peut se permettre de très vite se déclarer dans l’impossibilité de réintégrer le.la travailleur.euse à un poste aménagé. Le licenciement pour cas de force majeure, sans indemnité, est donc plus rapidement accessible. Du côté des politiques, certains partis ont critiqué la possibilité de sanctions[30], l‘existence d’incitants financiers poussant les mutualités à inscrire davantage de personnes dans les trajets[31], et décrit « une logique budgétaire »[32] qui élude les conditions de travail et les contraintes familiales, l’explosion du burn-out et l’abandon du travail à temps plein, notamment par les femmes[33].

 

Les trajets de réinsertion au travers de quatre témoignages

Les trajets de réinsertion n’ont pas fait couler beaucoup d’entre. Si nous décidons d’en parler aujourd’hui, c’est parce que les CISP disposent maintenant d’un certain recul sur le sujet, grâce à différents accompagnements menés auprès de femmes concernées. Sandrine, Catherine et Amina[34] ont toutes trois, un jour, poussé la porte de SOFFT au moment de leur trajet de réinsertion, à l’initiative de leur conseiller.ère du FOREM. Rémi, quant à lui, n’a pas été suivi par SOFFT. Son témoignage apporte un autre éclairage sur la situation. Ces histoires[35] ont leurs divergences mais convergent en plusieurs points.

Un trajet de réintégration ou de réinsertion commence par un choc : celui d’un accident, d’une maladie physique ou mentale parfois invalidante et qui, un jour, rend le travail impossible. Ce choc fera place à différentes étapes permettant l’acceptation d’une difficile réalité, comme un deuil[36]. Face à la perte d’autonomie, il est nécessaire de se réadapter, ce qui passe par un processus plus ou moins long et qui ne prendra que plus de place si le parcours est assorti de stigmatisations[37], de discriminations[38] ou de traumatismes psychologiques.

Amina, par exemple, était aide-soignante et a vécu un accident de travail, dont elle se sent coupable. Sandrine a appris sa maladie congénitale sur le tard et subi de plein fouet des douleurs invalidantes soudaines. Elle a du mal à accepter de ne plus être capable de cumuler 38 heures de travail comme technicienne de surface et 20 heures comme serveuse en salon de thé. Catherine fait le deuil de son travail d’auxiliaire de l’enfance qu’elle occupait depuis trente ans, dans une école. Quant à Rémi, il a tiré un trait sur son métier d’informaticien et il n’en est plus au stade du deuil.

Le travail d’acceptation, surtout lorsque la maladie est chronique et invalidante, est énergivore et compliqué, passe par des allers-retours. Chez SOFFT, la totalité des accompagnements de personnes en incapacité de travail dans le cadre de la formation d’orientation en individuel[39] a laissé une place à ce travail et à l’orientation vers des services appropriés pour le continuer.

 

Les corps indociles réduits au silence

Dans « Les Corps Indociles[40] », un Podcast Arte Radio, Charlotte Bienaimé donne la parole à plusieurs femmes en situation de handicap. Elles abordent genre, corps et société validiste qui déshumanise, réduit au silence, hiérarchise les corps. Entre volonté de normalisation, d’institutionnalisation, de revalidation et de maltraitance de ces corps, un paradoxe marquant apparaît : l‘image du handicap est extrêmement négative mais, malgré le manque d‘emplois et surtout d‘emplois accessibles, les personnes en situation de handicap sont sommées d‘en trouver un.

La plupart des maladies de longue durée sont invalidantes et peuvent conduire à une reconnaissance de handicap. Amina, Catherine, Rémi et Sandrine en sont des exemples. Un handicap peut mener à un sentiment de victimisation pour lequel il n’existe ni auteur, ni délit. Il ne peut que se renforcer : dans un monde où tout tourne autour des corps valides, les corps indociles[41] font l’objet d’un rejet et de discriminations systématiques[42]. Les malades, quand à elleux, sont généralement considéré.e.s comme des victimes plaintives et la réponse à un besoin qu’iels expriment comme du favoritisme.

« Le validisme ou capacitisme est une discrimination basée sur le handicap. C’est un système d’oppression qui considère que les personnes valides sont supérieures aux personnes handicapées. Le handicap est alors perçu comme quelque chose “d’anormal” et de honteux. L’idéal à atteindre est la validité[43]. »

Cas exemplaire, bien que l’accessibilité soit un droit, celui-ci n’est pas souvent respecté, si ce n’est au prix de longues batailles. C’est à cette occasion que l’hostilité ouverte envers les personnes en situation de handicap se fait le plus souvent ressentir, ce qui peut avoir un impact psychologique non négligeable sur leur bien-être psychologique et leur estime d’elles-mêmes. C’est ainsi que bien des personnes en situation de handicap préfèrent s’arranger avec une réalité inconfortable, en se privant par-là d’autonomie, plutôt que de faire valoir leurs droits[44]. Une politique capitaliste et méritocratique considère un corps handicapé comme improductif, inutile. Mais malgré tout, ces femmes en situation de handicap deviennent les marchandises du système capitaliste[45] sommées de s’y soumettre. Comment envisager sereinement son accès à l’emploi lorsque la vie quotidienne tient d’un parcours du.de la combattant.e, quand on est perçu.e comme un poids, comme inutile ?

 

Quand le sentiment d’injustice renforce la victimisation

Malgré ses douleurs insupportables, Sandrine a vite compris que le médecin-conseil la suspectait d’exagérer ses symptômes. Avant d’être réopérée, elle a reçu l’injonction de retourner travailler comme technicienne de surface, considérée « trop jeune » pour être en incapacité[46]. Elle attribue la cause de son état dépressif aux paroles blessantes de son médecin-conseil et à la répétition, vécue comme harcelante, de convocations à des contrôles au cours desquels elle a subi des examens douloureux et vécus comme humiliants[47].

Malgré les principes de non-discriminations inscrits dans le droit Belge et les droits universels garantis par la Convention des Nations Unies[48] relative aux droits des personnes handicapées, y accéder reste un parcours du combattant, davantage encore pour les malades (chroniques, visibles ou pas) sans handicap reconnu[49]. Le manque d’accessibilité généralisé tel que décrit dans le livre « Je vais m’arranger » de Marina Carlos[50], entraîne une ségrégation de fait des personnes en situation de handicap. Leur désir légitime d’autonomie ignoré, elles se retrouvent soumises au bon vouloir d’une tierce personne et peuvent vivre des expériences négatives, voire violentes, vectrices d’auto-exclusion.

Au niveau politique, les situations de handicap ne semblent pas être ne fût-ce que pensées. Outre l’institutionnalisation à outrance et l’orientation des enfants en situation de handicap presque systématique vers l’enseignement spécialisé, les mesures Covid-19 sont un exemple d’oubli pur et simple du handicap[51]. Malgré plusieurs victoires des personnes en situation de handicap, accompagnées par Unia, le manque d’aménagements raisonnables liés au Covid-19 se poursuit en ce mois d’octobre. Au plus fort de la crise, il a même été envisagé de ne pas soigner les personnes en situation de handicap[52], tout comme les personnes âgées[53]. Cette manière de penser démontre la hiérarchisation des corps et une déshumanisation des personnes en situation de handicap[54]. Contraires à la Convention des Nations Unies, certaines mesures Covid prises dans les plus hautes sphères de l’Etat (où l’on n’est pas supposé ignorer la loi) éludent les besoins les plus fondamentaux des personnes en situation de handicap -comme celui de faire ses courses en toute autonomie, qui a été mis à mal durant plus de deux mois en l’absence d’aménagement raisonnable permettant l’accès aux commerces à ces personnes.

 

Bref, les droits des personnes en situation de handicap existent sur papier mais, de façon structurelle, sont peu ou mal appliqués.

En outre, des facteurs internes poussent les personnes en situation de handicap à ne pas réclamer leurs droits :

- Le « non take-up »[55] provoqué par la non-connaissance des droits, ou par la crainte, la honte, la complexité des démarches ou leur non-aboutissement en raison de problèmes d’ordre administratif.

- L’autocensure des femmes[56] : par crainte de stigmatisation ou de ne pas être entendues, les femmes ont tendance à s’autocensurer. On peut donc imaginer un effet similaire chez les personnes en situation de handicap, d’autant plus quand elles sont femmes.

- Face au découragement lié à l’inaccessibilité des droits, on peut imaginer que la répétition de situations désagréables ou la rencontre de personnes hostiles peut conduire les personnes en situation de handicap, peu importe leur genre, à s’autocensurer, surtout lorsqu’elles ont intégré le validisme et se sentent honteuses ou coupables. Marina Carlos parle, dans son livre cité précédemment, de l’anxiété construite[57] qui naît face à tous ces obstacles et à l’obligation systématique pour la personne en situation de handicap de « s’arranger » face à l’inaccessibilité. Jamais paisible, la personne en situation de handicap dépense une énergie folle à prévoir et organiser, à se réadapter. Lui reste-t-il de l’énergie pour se battre ?

- La tendance à l’invisibilisation et à la silenciation[58] des personnes malades au sein de la société[59] a un grave impact sur leur estime d’elles-mêmes[60]. Lorsque l’on ne se sent ni représenté.e ni écouté.e, comment s’imaginer qu’on pourra obtenir gain de cause lorsque l’on réclamera ses droits ?

 

Femmes et handicap : une double peine

Les femmes en situation de handicap subissent une double peine[61]. Catherine a beau souffrir du cancer et de ses séquelles invalidantes, les rôles genrés demeurent traditionnels à la maison. Même dans les pires moments, elle s’occupe seule du ménage et des repas, seule. Sandrine vit seule avec ses enfants et ne bénéficie que d’une aide réduite de leur père et de ses proches. Quant à leurs métiers, ils sont traditionnellement féminins[62]. Amina occupait un poste d’aide-soignante, un métier du care[63]. Pour Sandrine, c’était le nettoyage et Carine était auxiliaire de l’enfance. Ces métiers dits du care  ont un impact bien réel[64] mais peu mesuré sur les femmes, aussi bien en termes de santé mentale que physique. Le film documentaire « Au bonheur des dames ? » d’Agnès Lejeune et Gaëlle Hardy[65] l’illustre fort bien.

Usées par le travail physique dans des métiers traditionnellement considérés comme féminins, ces femmes ont rarement pu faire des études et certain.e.s, en fonction de leur état de santé mais aussi de leurs intérêts, ne pourront jamais en faire. Vers quel métier les orienter, alors ? Cette question peut être mise en lien avec la méritocratie et le point de vue de l’écrivain François Bégaudeau[66] : « Personne n’a de mérite », « C’est ça, aussi, qui ne va pas dans la méritocratie, c’est : qu’est-ce qu’on fait des pas méritants ? (…) C’est bien le point aveugle de ce système[67]

 

Quand le genre s’invite dans l’évaluation de l’incapacité de travail

Lorsqu’on accompagne des femmes, la même histoire nous est souvent racontée : une femme souffre de douleurs, se rend chez son.sa médecin et, parfois même sans l’ausculter, ce.tte dernier.ère lui déclare que ses souffrances proviennent de sa tête. C’est d’autant plus le cas avec les diagnostics de maladies chroniques invalidantes comme la fibromyalgie, la sclérose-en-plaques, la maladie d’Ehlers-Danlos[68] et la spondylarthrite ankylosante, qui nécessitent une exploration approfondie en raison de l’absence de signe visible à l’œil nu. Ce qui explique que nombre de patient.e.s se retrouvent en errance médicale. Mais d’où vient cette difficulté à établir un diagnostic ?

Au-delà des raisons purement médicales ou techniques, le biais de genre pourrait bien apporter une explication[69]. Dans une étude de 2019[70], des chercheur.euse.s ont pu déterminer que davantage de femmes que d’hommes (40,8% contre 23%) se voyaient diagnostiquer des troubles psychosomatiques par erreur, en lieu et place d’un diagnostic de maladie physique potentiellement sérieuse. Une autre étude de 2011[71] démontre que beaucoup de femmes font l’expérience de discriminations basées sur le sexe dans une relation médecin-patiente. Elle indique une tendance pour les femmes à minimiser leurs symptômes auprès du.de la médecin dans l’objectif de ne pas paraître plaintives ou « irrationnelles ». Enfin, elle met en exergue le fait que les femmes à qui une maladie psychosomatique a mal été diagnostiquée endurent des expériences médicales traumatisantes qui conduisent leur santé à se détériorer, parce que ces femmes, mises en doute, vont jusqu’à souffrir des années en silence.

Catherine souffre d’un cancer et Amina de séquelles de son accident de travail. Toutes deux peuvent prouver que leur mal a bien une origine physique et jamais le.la médecin ne leur a dit : « c’est dans votre tête ». Malgré tout, leurs témoignages laissent à penser que leurs douleurs sont minimisées. Une étude de 2003 prouve que les douleurs des femmes sont moins prises au sérieux que celles des hommes. Une autre établit que les situations des femmes reçues aux urgences sont considérées comme « moins urgentes » que celles des hommes[72]. En lieu et place d’analgésiques, les femmes sortent avec des anxiolytiques.

Sandrine, malgré les preuves de son état, se sent suspectée par le médecin-conseil de mentir ou d’exagérer. « Il me faisait m’abaisser et me relever sans cesse, en sous-vêtements, dans son bureau… Je souffrais. Je pleurais ». Sandrine le sent dubitatif : « Ce que vous avez, ce n’est rien, retournez travailler, là, vous nous coûtez trop cher ». Il l’invite même à consulter un.e psychiatre.

Si on ne peut prétendre que toutes les décisions des médecins-conseils se basent forcément sur un biais de genre, il serait fort étonnant qu’ils.elles y échappent, ne fût-ce qu’en partie. Quoi qu’il en soit, les trois femmes se sentent malmenées, infantilisées, ressentent une minimisation de leur état et ne se sentent pas écoutées. Rémi, quant à lui, ne rapporte aucune expérience négative de ce type.

En outre, en Belgique, la précarité n’a pas bonne presse. Les personnes précaires se voient souvent suspecter de « faire semblant », ce qui peut conduire à une forme de suspicion, de minimisation et peut-être même de condescendance. Les trois femmes sont issues d’un milieu économique défavorisé. Amina est une femme racisée. Expertes de leur propre santé, elles sont évaluées, dans leurs cas, par trois hommes économiquement favorisés et non racisés. On peut légitimement se demander si cet état de fait ne joue pas un rôle dans la perception de ces femmes. Or, la sécurité sociale, pour laquelle elles ont cotisé, n’est-elle pas censée protéger les patient.e.s et non les catégoriser, les suspecter ?

 

A la croisée de l’aide et du contrôle

L’Etat Social Actif chamboule les relations entre les professionnel.le.s et leur public. Qu’ils.elles décident ou non d’y avoir recours, les médecins-conseils se voient désormais attribuer le pouvoir de rendre un avis négatif quant au maintien des allocations d’un.e malade si le trajet de réinsertion n’est pas suivi comme prévu. Le politique, en ne valorisant que leur rôle de contrôle, les instrumentalise et démontre sa vision négative des personnes malades. Le contrôle constitue un rappel à la norme, à la valeur travail, considérée prioritaire, bien avant la santé.

Or, face au contrôle qu’il ressent sur sa vie et au sentiment d’infantilisation qu’il génère en lui, le public aura tendance à adapter son comportement, à minimiser certains éléments importants de son parcours, de peur d’empirer la situation. Le contrôle est paradoxal, car il réclame que la personne contrôlée soit responsable[73] tout en réduisant son autonomie, réduisant ainsi sa confiance en elle.

Si Rémi a choisi de prendre contact avec le.la médecin-conseil de la mutuelle pour lui demander de le soutenir dans son projet d’études, Amina, Sandrine et Catherine ont toutes trois vécu leur trajet de réinsertion comme une contrainte avec une menace de sanction, verbalisée ou non, à la clé. Aucune d’entre elles ne se sentait capable de retravailler au moment de signer les documents qui allaient les conduire en trajet de réinsertion. Elles ont ressenti qu’elles n’avaient pas le choix. Aucune solution n’ayant en outre été recherchée avec les employeurs de ces trois femmes pour éviter leur licenciement sans indemnité, que ce soit en aménageant leur poste ou en leur proposant une mutation, elles ressentent toutes trois une énorme injustice.

Face à une contrainte, il existe différentes manières de réagir[74]. La première est de l’accepter et de considérer que la solution proposée est bonne pour soi. La seconde est de la refuser et comporte des risques de sanction. La troisième est appelée « adhésion stratégique ». Il s’agit pour la personne concernée d’adhérer au projet qui lui est présenté tout en y trouvant des parts de liberté. Elle peut y être amenée lorsqu’elle ressent une injustice, ne se sent pas écoutée ou lorsque la situation lui fait violence ou lorsqu’elle se trouve dans un conflit de valeurs ou d’enjeux. Il s’agit d’un réflexe de protection légitime. Une personne qui se sent obligée de participer à une formation d’orientation en groupe en sachant déjà pertinemment bien qu’elle ne pourra pas reprendre le travail ni une formation professionnalisante après celle-là pourra, par exemple, y participer en se fixant d’autres objectifs : reprendre une vie sociale, développer sa confiance en elle, augmenter ses capacités d’expression dans un groupe. Ce faisant, elle évite toute possibilité de sanction, ne fût-ce que temporairement, et prend ce qui peut lui servir. De même, une personne qui ne peut plus travailler dans son domaine pour des raisons psychologiques, mais, en l’absence de reconnaissance de la situation, se voit obligée de le faire, peut très bien postuler dans ce domaine pour satisfaire aux contrôles tout en décidant qu’elle sera claire avec les employeurs et leur exprimera qu’elle ne se sent plus apte à effectuer ce travail. L’adhésion stratégique n’est pas simple à repérer pour un.e professionnel.le dont le contrôle fait partie des attributions. Elle n’apparaît que dans le cadre d’un suivi dans un service qui ne participe pas à la contrainte. La contrainte est donc généralement peu efficace car elle peut facilement être détournée.

Or, plutôt que directement orienter les malades vers un accompagnement sans contrainte, le choix du législateur s’est porté sur l’obligation d’un parcours contrôlé, par essence contre-productif car générateur de résistance. Les effets psychologiques de la contrainte sur les personnes en situation de précarité sont désastreux[75]. Nombre d’entre elleux expriment une anxiété croissante voire une dépression générée par un contrôle qui conduit au blocage et, en fin de course, à la sanction. Ainsi, le contrôle d’auto-entretien. En 2019, à la demande de l’INAMI, une étude réalisée par des chercheur.euse.s de l’ULB a montré les conséquences du contrôle des chômeurs.euses[76]. Ses résultats démontrent que le contrôle entraîne « la sortie d’une partie d’entre eux du marché du travail et provoque un basculement des dépenses publiques de l’assurance-chômage vers l’assurance-maladie-invalidité ». Le contrôle semble donc avoir pour résultat de générer l’incapacité de travail chez une partie des chômeurs.euses qui y sont soumis.e.s. Notre hypothèse est que le stress lié aux contrôles en est responsable.

Alors, que penser des évaluations opérées par les mutualités ? Malgré des rapports cordiaux avec leur médecin-conseil, Amina et Catherine se sentent toutes deux mises sous pression. Catherine a l’impression de tourner en rond. Elle qui était auxiliaire de l’enfance dans une école est passée par un stage réussi comme agente d’accueil dans un service public. SOFFT a pu confirmer son projet durant son accompagnement. Elle a commencé une formation. Mais alors qu’elle aurait pu être engagée auprès de son lieu de stage à mi-temps, son médecin-conseil a refusé ce projet, estimant qu’il était trop lourd pour elle. Catherine ne le savait pas mais elle aurait pu tout de même accepter de signer un contrat de travail et de rencontrer le.la médecin du travail qui aurait pu déterminer si oui ou non elle pouvait occuper cet emploi. Toutefois, le public est rarement au courant de ses droits. Elle n’y a donc pas eu recours. Depuis, elle ne sait plus que proposer et exprime ne pas se sentir soutenue ou aidée dans la détermination d’un autre projet. Elle se sent fort déprimée et a rechuté depuis.

Amina souffre d’un trouble de stress post-traumatique causé par son accident de travail. Ses blessures psychiques sont encore bien plus profondes que ses blessures physiques. Bien que son accompagnement chez SOFFT lui ait permis de trouver des pistes pour résoudre ses problèmes psychomédicosociaux, le chemin vers le travail est encore long. Ceci n’a pas été entendu par le médecin-conseil qui lui semble à ses yeux la mettre sous pression. Amina tâche de soigner son traumatisme renforcé par l’impression d’infantilisation qu’elle ressent. Sandrine, quant à elle, a développé des symptômes anxiodépressifs suite aux évaluations répétées. Il est important qu’elle travaille sur sa confiance en elle et traite son anxiété massive.
Ce qu’on peut observer, c’est que les trois femmes se sentent incitées à pousser leurs corps dans leurs retranchements, envisageant parfois même une reprise du travail qui serait pourtant destructrices pour elles, tout comme au moment où, avant d’arrêter le travail, elles ont reçu des signes d’alerte de leur corps sans les écouter, s’arrêtant beaucoup trop tard.

La seconde Palme d’Or de Ken Loach, ”Moi, Daniel Blake[77], met fort bien en scène les difficultés psychosociales induites par les politiques d’activation[78], particulièrement sur les personnes malades.

 

Qu’en tirer de bon ?

 (...)

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Pour citer cette analyse :

Delphine Dessart, "Les trajets de réinsertion pour femmes malades et sans emploi :  une approche féministe de l'intersection entre femmes, travaiul, maladie et handicap", Collectif contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE asbl), novembre 2020. URL : https://www.cvfe.be/publications/analyses/341-les-trajets-de-reinsertion-pour-femmes-malades-et-sans-emploi-une-approche-feministe-de-l-intersection-entre-femmes-travail-handicap-et-maladie

Contact :  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 0471 60 29 70

Avec le soutien du Service de l’Education permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie.


Notes :

[1] https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2001-32-page-5.htm

[2] En ce qui concerne la réforme des allocations d’insertion, par exemple.

[3] Elles l’étaient déjà au moment de l’incapacité ou ont perdu leur emploi entre temps.

[4] Le passage de l’incapacité de travail à l’invalidité a lieu après un an d’incapacité.

[5] SOFFT est le Service d’Orientation et de Formation pour Femmes à la recherche d’un Travail, le département formations du CVFE, agréé comme CISP - www.sofft.be

[6] https://www.partenamut.be/fr/ma-situation/decision-medecin-conseil

[7] https://www.jeveuxreprendre.be/

[8] https://www.beswic.be/fr/themes/information-pour-les-medecins-traitants/cadre-legal-de-la-medecine-du-travail/taches-du-medecin-du-travail

[9] Aménagement des horaires, procédures internes, poste de travail, matériel, …

[10] En cas de burn-out ou de harcèlement professionnel, par exemple.

[11] Il y a perte d’emploi sans indemnité avec ou sans maintien de l’incapacité de travail.

[12] https://www.jeveuxreprendre.be/

[13] Dont ces personnes dont le contrat de travail a été rompu pour cas de force majeure.

[14] https://www.leforem.be/particuliers/tester-metier-mise-en-situation-professionnelle.html

[15] www.aviq.be

[16] Centre d’Insertion Socioprofessionnelle, comme SOFFT.

[17] Selon les informations reçues d’une mutualité, la personne est orientée vers l’AVIQ quand elle présente une pathologie plus lourde, si non, elle est orientée vers le Forem qui oriente ensuite vers SOFFT.

[18] https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_reintegration-des-malades-de-longue-duree-sanctions-possibles-pour-les-patrons-ou-les-travailleurs?id=9921490

[19] https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_incitant-financier-pour-les-mutuelles-poussant-les-malades-a-retravailler-une-approche-malsaine-denonce-ahmed-laaouej?id=9885655

[20] Chez SOFFT, les personnes concernées étaient issues des métiers dit du care (soit des métiers du nettoyage ou du soin aux personnes comme technicienne de surface ou aide familiale), « usées » par un travail physique au bout de quelques années de pratique.

[21] https://www.mc.be/que-faire-en-cas-de/maladie-accident/incapacite-travail/medecin-conseil/incapacite

[22] https://www.lespecialiste.be/fr/actualites/de-block-favorable-au-trajet-de-reintegration-des-malades-de-longue-duree-entame-plus-tot.html

[23] https://emploi.belgique.be/fr/themes/bien-etre-au-travail/la-surveillance-de-la-sante-des-travailleurs/reintegration-des

[24] Il y perdrait non seulement un revenu, des contacts sociaux et qui pourrait acquérir des problèmes de santé causés par l‘inactivité. Plus son incapacité serait longue, plus il aurait du mal à retourner vers le travail.

[25] « C’est aussi un coût important pour l’employeur, son employé reste sur le payroll, cela provoque une surcharge de travail pour les collègues, l’ambiance du service se dégrade, et l’employeur peut difficilement réengager vu qu’il reste dans l’incertitude ».

[26] En 2017, lors d’une journée d’étude de l’INAMI nommée “la réinsertion professionnelle, un investissement social ?”, différents intervenants de services concernés par la mesure prennent la parole. Le Forem présente alors plusieurs « success stories »[26]. Le travail est même présenté par un autre service comme « une façon d’atteindre un sens et un but à sa vie et est donc considéré comme une composante importante du rétablissement »[26]. Un site[26] a même été créé spécialement pour promouvoir la mesure. On y trouve on y retrouve la mention : « Vous avez désormais toutes les clés pour réussir un processus de réintégration ! » et trois témoignages vidéos très positifs de personnes qui ont pu reprendre le travail après leur incapacité.

[27] Dans ce texte, ce concept de « personne en situation de handicap » est volontairement utilisé en lieu et place de celui de « personne handicapée » pour s’écarter du modèle médical et faire place au modèle social. https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2009-HS-page-19.html

[28] https://www.rtbf.be/info/societe/detail_apres-la-maladie-retour-au-travail-ou-licenciement-quels-sont-les-veritables-chiffres-des-trajets-de-reintegration?id=10398470

[29] https://www.fgtb.be/-/le-trajet-de-reintegration-des-malades-une-machine-a-licenciements-pour-les-employeurs

[30] https://www.levif.be/actualite/belgique/perdre-son-emploi-ou-toucher-moins-d-indemnite-le-faux-choix-propose-par-le-gouvernement-aux-malades-de-longue-duree/article-opinion-844735.html?cookie_check=1597154950

[31] https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_incitant-financier-pour-les-mutuelles-poussant-les-malades-a-retravailler-une-approche-malsaine-denonce-ahmed-laaouej?id=9885655

[32] https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_incitant-financier-pour-les-mutuelles-poussant-les-malades-a-retravailler-une-approche-malsaine-denonce-ahmed-laaouej?id=9885655

[33] Muriel Gerkens pointe une logique budgétaire : « Nous appelons une nouvelle fois la ministre de la Santé à mettre son énergie dans la protection de la santé des citoyens plutôt que d'uniquement suivre aveuglément une logique budgétaire. L'amélioration des temps de travail et des conditions de travail doivent intégrer réellement les contraintes des familles sous peine de poursuivre l'explosion de burn out, d'abandon du travail à temps plein, notamment par les femmes »

[34] Prénoms d’emprunt

[35] Restituées dans leur intégralité en annexe.

[36] https://www.apamad.fr/accepter-sa-maladie/

[37] Dans les cas de handicap, par exemple. https://www.revmed.ch/RMS/2017/RMS-N-551/La-stigmatisation-un-probleme-frequent-aux-consequences-multiples

[38] https://www.unia.be/fr/criteres-de-discrimination/handicap

[39] https://sofft.be/accompagnement-individuel/

[40] https://www.arteradio.com/son/61661891/feminismes_et_handicaps_les_corps_indociles_19

[41] https://www.arteradio.com/son/61661891/feminismes_et_handicaps_les_corps_indociles_19

[42] https://www.eveprogramme.com/40626/cest-quoi-le-validisme/

[43] http://femmesdedroit.be/ressources/abecedaire-feministe-belgique/validisme/

[44] Carlos, M.(2020). Je vais m'arranger : Comment le validisme impacte la vie des personnes handicapées. Broché.

[45] https://www.cvfe.be/publications/dossiers-thematiques/182-dossier-employabilite-et-capabilites-renforcer-la-liberte-de-choix-des-travailleuses-precarisees

[46] Ce qui constitue une discrimination fondée sur l’âge. https://www.unia.be/fr/criteres-de-discrimination/age

[47] Voir son témoignage complet en annexe.

[48]https://www.aviq.be/handicap/pdf/AWIPH/handicap_Belgique/conventionONU/Convention_ONU.pdf

[49] En témoignent les difficultés d’accès à leurs droits pour les personnes en situation de handicap durant la crise du Covid face à des mesures qui nuisent à leur autonomie : https://www.unia.be/fr/articles/la-crise-du-coronavirus-a-eu-un-impact-dramatique-sur-les-personnes-en-situation-de-handicap

[50] Carlos, M.(2020). Je vais m'arranger: Comment le validisme impacte la vie des personnes handicapées. Broché.

[51] https://www.unia.be/fr/articles/la-crise-du-coronavirus-a-eu-un-impact-dramatique-sur-les-personnes-en-situation-de-handicap

[52] La Ligue des Usagers des Services de Santé, sur son site, reprend d’ailleurs nombre de témoignages fort inquiétants. https://www.luss.be/coronavirus-temoignages/

[53] https://www.unia.be/fr/articles/les-personnes-handicapees-et-les-personnes-agees-ont-le-droit-detre-soignee

[54] Ou d’invalidité due au vieillissement.

[55] https://www.luttepauvrete.be/themes/non-recours-aux-droits/

[56] https://www.eveprogramme.com/41283/les-femmes-sautocensurent-elles-plus-que-les-hommes/

[57] Carlos, M.(2020). Je vais m'arranger: Comment le validisme impacte la vie des personnes handicapées. Broché.

[58] Par invisibilisation, on entend le fait de rendre invisible et pas silenciation, le fait de pousser au silence.

[59] https://roseaux.co/2017/04/validisme-invisibilisation-et-silenciation-des-personnes-malades-au-sein-de-la-societe/

[60] Ainsi, si 17% de la population Française a un handicap, selon l’Insee et le CSA Français, seules 0,7% de personnes en situation de handicap sont présentes à la télévision. Dans de nombreux films, les personnes en situation de handicap sont en outre tou.te.s interprété.e.s par des acteurs.trices valides. Dans la sphère médiatique, les reportages consacrés au handicap ne représentent pas la diversité des handicaps et ne se concentrent que sur quelques types de handicaps, généralement les plus visibles. La parole est rarement donnée aux personnes en situation de handicap elles-mêmes sur les plateaux télé. En outre, les seules représentations positives des personnes en situation de handicap se veulent « inspirantes ». La personne en SITUATION DE HANDICAP qui arrive à « dépasser » son handicap est ainsi utilisée dans l’objectif
d’« inspirer les personnes valides, de les motiver ou de les faire relativiser. » Son instrumentalisation est parfois accompagnée de validisme intériorisé.

[61] https://www.axellemag.be/les-mecanismes-doppression-du-sexisme-et-du-validisme-se-rejoignent/

[62]  https://www.femmes-plurielles.be/prendre-soin-un-job-de-femmes/

[63] https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2004-3-page-26.htm

[64] https://www.cvfe.be/images/blog/analyses-etudes/Etudes/EP-2018-Etude-Travailler_dans_la_prcarit-CP_corrdoc.pdf

[65] Lejeune, A. Hardy, G. (Réalisatrices). 2018. Au bonheur des dames ? Les Films de la Passerelle, RTBF, WIP PRODUIT.

[66] Au vu des accusations de sexisme qui ont pesé sur François Bégaudeau, il nous semble nécessaire de préciser que nous ne cautionnons pas forcément l’homme dans son ensemble.

[67] https://www.youtube.com/watch?v=EduR-tk_5EM (4 :50, IN : « C à Vous », France 2, 29/01/2019

[68] https://sante.lefigaro.fr/article/ehlers-danlos-une-errance-medicale-jusqu-a-l-absurde/

[69] https://www.letemps.ch/sciences/stereotypes-lies-aux-hommes-aux-femmes-simmiscent-jusque-chez-medecin

[70] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6513959/

[71] https://www.semanticscholar.org/paper/Gender-biased-Diagnosing%2C-the-Consequences-of-and-Smith/5ed2465d76c1956c43704f711a30243ff1487725

[72] https://gupea.ub.gu.se/bitstream/2077/39196/1/gupea_2077_39196_1.pdf

[73] « Le fait de renvoyer l’employabilité d’un individu à sa propre responsabilité n’a évidemment rien d’anodin, à une époque de crise économique et de chômage de masse. Dans le même esprit que celui de l’activation du chômage et des chômeurs, l’individu est rendu seul responsable de sa situation. Les contraintes extérieures, telles que la conjoncture économique, l’état du marché de l’emploi, ou des caractéristiques personnelles (le type de formation initiale, d’expérience professionnelle ou encore l’âge) ne sont prises en considération. » René Begon : « Employabilité, les travailleuses/-eurs comme marchandises » https://www.cvfe.be/images/blog/analyses-etudes/2018/Dossier-employabilit.pdf

[74] Hardy, G.(2012). S’il te plaît, ne m’aide pas ! : l’aide sous injonction administrative ou judiciaire. Broché.

[75] http://www.asbl-csce.be/journal/6061martenscontrolechomeurs.pdf

[76] https://www.inami.fgov.be/fr/agenda/Pages/seminaire-inami-incapacite-travail-20190424.aspx

[77] Loach, K. (Réalisateur). 2016. I, Daniel Blake. Sixteen Films. Why Not Productions. Wild Bunch.

[78] « Dans le Royaume-Uni des années 2010, Daniel Blake, un homme de 59 ans souffrant de graves problèmes cardiaques, et Katie Morgan, une mère célibataire de deux enfants, sont malmenés par les services sociaux. Ils essaient de s'entraider. » (Wikipedia)

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